"Quand les agneaux deviennent des lions" : un film puissant sur les tueurs d'éléphants

Teaser

La Trois nous emmène au Kenya suivre deux hommes qui parient contre la nature parce qu’ils n’ont pas le choix.

L’un est garde forestier, l’autre braconnier. Leur enjeu à tous les deux, c’est l’ivoire, l’objet d’un des trafics les plus sales d’Afrique. Ils sont cousins mais leur destinée devrait se fracasser l’une contre l’autre. Pourtant, quand celui qui a passé sa vie à protéger arrête d’être payé, il se tourne vers celui qu’il a promis de combattre. Il est pourtant bien placé pour savoir que la prison ou la mort constituent les seules issues envisageables de ceux qui vivent de la destruction de la nature. D’autant que la chute dramatique du nombre d’éléphants blancs a placé un focus désagréable sur le Kenya, et que les autorités se sont donné pour mission de mater les braconniers et d’ainsi redorer l’image du pays. C’est à un affrontement économique et idéologique que l’on assiste.

Deux petites histoires se rejoignent et font la grande. La formule est usée à force d’être galvaudée, mais cette fois, elle prend tout son sens. Le destin qui lie les deux cousins prend aux tripes. Quand ils se débattent pour assurer leur propre survie, c’est celle d’une dizaine d’éléphants qui est en jeu. Tout transpire la tragédie. Aucune décision prise durant la grosse heure que dure le film ne l’est dans l’intérêt général. Dans la beauté de cette jungle kenyane, les hommes comme la nature ont tout à perdre. On ne peut décemment pas avoir de la sympathie pour ces braconniers, mais John Kasbe prend le risque de nous présenter des hommes qui ne voient dans le braconnage qu’un moyen de se sortir de la misère. Des hommes qui s’arrangent avec leur conscience, sans parvenir à ne rien ressentir. Et ils posent une question pas si folle: la vie d’un éléphant vaut-elle plus que celles d’un humain et de sa famille? Le débat est ouvert. Et s’il n’est pas tout à fait politiquement correct, il est passionnant.

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