Jam, la nouvelle radio de la RTBF, est une ouverture vers le monde

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Rencontre avec Bernard Dobbeleer, chef de projet sur Jam, l'une des deux nouvelles radios DAB+ de la RTBF.

Vous entendez de plus en plus régulièrement ce terme: DAB+. Technologie qui permet d'écouter numériquement la radio avec une qualité supérieure, le DAB+ remplacera à terme la bonne vieille bande FM. Un avenir dont sont conscients tous les acteurs du secteur qui investissent peu à peu le terrain. On y retrouve déjà les principales stations nationales (BelRTL, Nostalgie, NRJ et les radios de la RTBF). Il y a un peu plus d'un an, on annonçait que deux canaux supplémentaires étaient disponibles pour le service public en DAB+. Plusieurs projets de nouvelles stations ont donc été déposés et deux ont été retenus: Viva+ et Jam. Derrière cette dernière, on retrouve Bernard Dobbeleer, journaliste, DJ et ancien chef de programmation pour Classic21 et Pure. Quelques heures après le lancement de Jam, il nous présente son nouveau challenge.

Proposer deux nouvelles radios à l’ère du streaming, c'est un pari risqué?

Les études montrent que la radio reste un média important chez les jeunes adultes entre 25 et 39 ans, qui sont la cible principale de Jam. On peut considérer que le principal concurrent de ce type de station aujourd'hui ce sont les streamers tels Deezer ou Spotify. Avec Jam, nous offrons une contre-proposition. Jam est pensée par des êtres humains, des gens qui écoutent de la musique, font des recherches et en ressortent des propositions. Ce ne sont pas des algorithmes. Ceux-ci peuvent parfois faire découvrir mais plus les demandes ou recherches sont précises, plus les propositions de ces streamers vont être ciblées. Et finalement, l'auditeur se retrouve coincé dans son univers tandis qu'avec Jam c'est une ouverture vers toutes les musiques actuelles.

Quelle sera la programmation de Jam?

Aujourd'hui, il y a une infinité de genres et sous-genres musicaux avec des artistes qui ne sont pas confidentiels mais alternatifs et qui peuvent drainer beaucoup de monde. Je pense entre autres à Jordan Rakei qui joue devant 6000 personnes à Dour mais qui ne passe nulle part en radio. Tout simplement parce que aucune radio ne peut absorber l'immensité d'artistes et de morceaux qui sortent. Avec Jam, on passe 300 morceaux différents par jour.

Quelles sont les différences entre Jam et Pure qui s'adressent au même public?

Pure est une radio qui est branchée et dans l'air du temps mais elle n'est pas 100% découverte. Comme toutes les radios, elle est formatée, avec des récurrences dans les diffusions. Aujourd'hui le rôle de Pure est de découvrir les stars et tubes de demain. Angèle, Petit Biscuit, Henry PFR Lost Frequencies sont d'abord passés sur Pure avant de connaître leur succès actuel. La vocation de Jam c'est faire découvrir des tas de musiques même s'il y aura des artistes en commun entre les deux stations. Sans pour autant passer les mêmes morceaux. Tandis que le single sera diffusé sur Pure, on passera quatre ou cinq autres morceaux de l'album sur Jam. On ira beaucoup plus loin sur Jam parce qu'on peut se le permettre. Notre play-list sera moins restreinte que d'autres, notre base pour le lancement est de 3000 titres aujourd'hui et nous allons l'améliorer constamment. Il n'y aura donc pas souvent de rediffusions sur Jam.

N'est ce pas trop tôt pour lancer des nouveautés en DAB+ alors que peu de gens sont équipés?

C'est évidemment un pari. Mais quand la FM est arrivée, la RTBF a été une des pionnières en lançant sa propre station malgré que peu de personnes étaient équipées de récepteurs. En ce qui concerne le DAB+, dès fin 2020 tous les véhicules neufs vendus au sein de l’Union Européenne devront obligatoirement en être équipés, ce qui va aider les choses. Le challenge n'est pas valable que pour la RTBF. En novembre, un certain nombre de stations privées vont lancer en DAB+ des radios complémentaires en novembre. Cette arrivée massive de nouveaux projets va aider le DAB+ à s'installer.  

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