À quoi servent les grèves mondiales pour le climat?

Teaser

Ce vendredi 20 septembre a lieu la 3e action d'ampleur mondiale pour le climat. Si ces grèves ne résolvent rien à elles seules, elles participent à une prise de conscience écolo plus globale qui pèse jusque dans les décisions politiques.

La rentrée académique étant derrière nous, les élèves belges ont décidé de jouer le troisième round des grèves mondiales pour le climat et la biodiversité. Ce vendredi 20 septembre, les salles de classe pourraient ainsi être plus vides qu'à l'accoutumée. Au mois d'août, l'une des leaders du mouvement, avec Adélaïde Charlier, Anuna De Wever prévenait déjà: "Nous continuerons de désobéir car c’est la seule façon de nous faire entendre". Des actions de plus petite ampleur pourraient d'ailleurs dorénavant avoir lieu chaque semaine. À chaque fois en Belgique, des (dizaines de) milliers de citoyens participent à ces grèves mondiales. La première, en mars dernier, rassemblait 75.000 personnes à Bruxelles. Malgré les gros titres insistants sur l'ampleur internationale de la cause, force est de constater que l'engouement n'est cependant pas le même partout. Au même moment, l'action menée devant l'hôtel de ville de Los Angeles ne rassemblait elle que quelques centaines de personnes…

"L'action est mondiale à différent niveau, car le problème est mondial, même si l'ampleur peut être différente. Elle grandit aux États-Unis et est particulièrement présente aussi en Amérique latine, notamment à cause des feux en Amazonie, commence le sociologue de l'UCLouvain spécialiste des questions environnementales Geoffrey Pleyers. En Belgique et en France, le mouvement écologique a pris une nouvelle force à partir de la COP 21 en 2015." Il ne va cependant pas jusqu'à dire que ces actions citoyennes impactent directement les politiques menées en Belgique et changent les comportements des Belges. "Les grèves mondiales pour le climat ne sont qu'une forme de matérialisation de la prise de conscience. Une autre forme est le fait que de nombreux jeunes ont voté Ecolo ou que les partis traditionnels s'intéressent désormais aussi à l'environnement."

Une vie paradoxale

Le professeur de l'UCLouvain pointe par ailleurs un paradoxe: "La prise de conscience est réelle, mais en même temps on détruit la planète toujours plus rapidement. On n'observe pas d'impact massif sur les ventes de voitures, la consommation de viande ou de ruée vers les transports en commun. Les Belges restent parmi les plus grands pollueurs par habitant." À voir si les mobilisations successives parviennent à changer la mentalité de toute une société, ou si elles continueront à convaincre les convaincus. Il termine: "Une mobilisation au niveau mondial est importante. Pour régler les problèmes écologiques, il faut passer par tous les niveaux de mobilisation, de l’international au local. Cette articulation de tous les niveaux est indispensable. Au niveau global comme au niveau individuel, le risque est toujours de ne rien faire parce qu’on considère que l’autre (un autre pays ou un voisin) pollue plus que nous, alors qu’il faudrait 4 planètes si tout le monde consommait comme les Belges."

Notre Selection