"Le silence des autres" raconte le besoin de justice des victimes du franquisme

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Produit par Pedro Almodóvar, le documentaire Le silence des autres rappelle l’importance du devoir de mémoire.

En 1975, après près de 40 ans de franquisme, l’Espagne fait le choix de l’amnistie générale, soit un oubli de tous pour tous. Tous les crimes associés à cette funeste période ont été absous sans qu’aucune forme de procès n’ait lieu. Autant pour les opposants au pouvoir coupables de sédition que pour les membres du régime coupables des crimes les plus atroces. En clair, on pardonne à des gens qui se sont battus pour leur liberté ainsi qu’à ceux qui les en ont privés. 

À l’époque, les Espagnols aspiraient à la liberté et ne se sont guère posé de questions lorsque le Congrès, qui ne voulait pas être amalgamé à la période de dictature, a signé cet armistice en 1977. Mais, au fil des années, le besoin de liberté a fait place à celui de justice. Tous les jours, les victimes du franquisme ont dû se frotter à une société amnésique, parfois même nostalgique de cette sinistre période. Pour certains, l’amnistie a débouché sur une amnésie. Pour les victimes, elle a débouché sur une lente agonie. Car l’oubli ne s’est pas doublé d’un pardon.

Les autorités espagnoles se sont montrées particulièrement réticentes à regarder en face les exactions des régimes antérieurs. Plutôt que d’exhumer le corps des Espagnols tués lors d’exécutions sommaires, elles ont recouvert les fosses communes de routes. Plutôt que de restituer les enfants soustraits à leur famille par le régime dès leur naissance, elles ont cautionné une délirante politique d’eugénisme. Devant cette lâcheté, les victimes ont été obligées de plaider leur cas devant les juridictions argentines pour “crimes contre l’humanité”. Bien plus qu’une vengeance, ce combat, long de près d’une décennie, est une quête vers la dignité. 

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