Un groupe d'extrémistes français condamné à 6 mois de prison ferme pour une action anti-migrants

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Le groupe avait loué, entre autres, des hélicoptères pour tenter d'empêcher les migrants d'entrer en France...

Il n'est pas fréquent que les groupes extrémistes et anti-migrants soient punis par la loi pour les actions qu'ils mènent. Trois membres du mouvement politique français, Génération Identitaire, ont été "reconnus coupables de patrouilles de civils dans les Alpes françaises", rapporte l'agence de presse AFP. Tous tentaient d'empêcher des migrants situés à la frontière italienne de passer en France. Les membres de Génération Identitaire avaient mis les petits plats dans les grands puisqu'ils ont été jusqu'à louer deux hélicoptères, un avion et quelques autres véhicules de patrouilles.

Le juge a estimé que leurs actions auraient pu être confondues avec "l'exercice d'une fonction publique". Tous sont donc condamnés à un emprisonnement de six mois et une amende de 2.000 euros. Aussi, les trois hommes perdent leurs droits civils pour les cinq années à venir et ne pourront donc ni voter ni se présenter aux prochaines élections. Mais ce n'est pas tout. Le groupe Génération Identitaire auquel ils appartiennent est condamné à une amende de 75.000 euros. L'action avait été menée en avril 2018 et portait le doux nom de "Défendre l'Europe: Mission Alpes". L'un des trois coupables a rappelé que leur démarche était tout à fait pacifique et qu'ils étaient déterminés à protéger leurs frontières. Les membres entendent bien faire appel de cette décision.

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Soutien de l'ex-Front National

Crée en 2012, le mouvement politique concentre la plupart de ses activités en France et puise ses origines dans d'autres groupes du genre tels que Jeunesse identitaires. Plusieurs associations de défense des migrants ont réclamé la dissolution de Génération Identitaire. C'est notamment le cas du directeur général de l'association France terre d'asile. "Je continue à demander la dissolution de ce groupement qui n'a rien à faire en République, qui n'a pour objectif que de propager la haine raciale, une obsession qui peut conduire au pire dans ce moment d'extrême tension et de fragilité", confiait-il à France Info. Il rappelle aussi que ces personnes sont dangereuses pour la démocratie "des gens fanatisés, radicalisés qui bénéficient de beaucoup de sympathie de la part du Front national (désormais Rassemblement National, ndlr)".

Peu après l'annonce de la condamnation, le parti politique Rassemblement national a apporté son soutien aux trois cadres condamnés.

Pour rappel, depuis le début de l'année, plus de 300 migrant.e.s ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée. L'année dernière, ils étaient plus de 2.200.

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