L'épave d'un bateau recherché depuis près 200 ans retrouvée intacte

Teaser

Des images détaillées montrent les intérieurs du HMS Terror, l'un des deux navires perdus en 1846 lors d'une expédition dans l'Arctique visant à trouver le passage du Nord-Ouest.

L'histoire est mythique et a inspiré des dizaines d'auteurs, d'historiens et de réalisateurs. En 1845, deux navires, le HMS Erebus et Terror, quittent l'Angleterre pour tenter de réaliser la première traversée du passage du Nord-Ouest et l'exploration de l'Arctique. Les deux bombardes sont parées pour une telle expédition : elles font chacune plus de 300 tonnes, sont extrêmement robustes, leur coque est renforcée avec du métal et elles portent d'énormes voiles pensées pour résister au vent. Elles ont déjà bravé une mission à travers les glaces en Antarctique, quelques années plus tôt, et sont revenues intactes grâce au sang-froid de leur capitaine James Clark Ross. Tout semble mis en œuvre pour que la mission Franklin (du nom de son dirigeant Sir John Franklin) soit un succès,notamment grâce aux 128 hommes d'équipages, qui sont tous des marins chevronnés.

Et pourtant rien ne s'est passé comme prévu. A la fin de l'automne 1845, l'Erebus et le Terror sont pris dans les glaces. L'excellente série The Terror (d'AMC) produite par Ridley Scott relate l'épopée en s'inspirant notamment du roman de Dan Simmons nommé Terreur. L'atmosphère est glaçante, le blizzard dézingue la moindre once d'espoir des 130 marins coincés dans le froid de ces longs mois d'hiver sans voir la lumière du jour. L'équipage décide de passer l'hiver 1845-1846 sur l'île de Beechey pour reprendre la route au printemps.

Un nouveau départ qui est rapidement avorté, puisque les navires restent piégés dans les glaces au large de l'île du Roi-Guillaume en septembre 1846 et ne peuvent plus naviguer. Les marins hivernent à bord des deux bateaux, attendant le retour des beaux jours et la fonte des glaces, qui leur permettra de reprendre la route. Ils ont des provisions pour trois ans. Mais leurs navires restent toujours immobiles. Les hommes décident alors de partir à pied, sur la mer de glace, pour tenter de regagner la terre ferme. D'après une note datée du 25 avril 1848 laissée sur l'île par Fitzjames et Crozier, le capitaine Franklin meurt le 11 juin 1847. Aucun membre de l'équipage n'en reviendra vivant. Selon de récentes fouilles, ils sont tous morts de malnutrition, de saturnisme, d'hypothermie et de... cannibalisme.

L'Erebus avait été retrouvé en 2014. Et voilà que le Terror vient d'être également localisé... et visité ! Pour la toute première fois, une équipe de scientifique a également pu effectuer sept voyages à l’intérieur du navire, posé droit sur sa coque au fond de la mer, en pilotant un véhicule téléguidé à son bord. Près de 90% du pont inférieur du navire, y compris les zones où l'équipage mangeait et dormait, étaient accessibles au véhicule. Au total, l'expédition a pu étudier 20 salles séparées. On peut y voir des assiettes en porcelaine, de larges cruches en terre cuite, ainsi que les couchettes des marins. La température glaciale de l'eau (0 degré Celsius ou moins), les couches de sédiment et le manque de lumière naturelle semblent avoir étonnamment bien préservé le Terror. Un véritable trésor, tant pour les archéologues, que pour les scientifiques et historiens qui vont pouvoir remplir certaines pages blanches de l'Histoire.

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