Toto Riina: un fauve sans honneur

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Sanglant et saisissant: tel est le portrait de Toto Riina, parrain de la mafia de Corleone et chef de Cosa Nostra.

On est loin du triple Parrain de Francis Ford Coppola, qui a romancé l’histoire et, surtout, n’en connaissait pas encore la fin. Ici, on est dans le portrait sans concession, et il est hors de question de s’attacher aux personnages. Surtout pas à Toto Riina, né en 1930 à Corleone, en Sicile, éduqué par un père paysan qu’il verra mourir à 13 ans. Un homme qui, petit à petit, va tout mettre en œuvre pour dicter sa loi au sein de la mafia de sa région, puis de son île tout entière. Un règne bâti sur la terreur, qui a provoqué une guerre dont les victimes se sont comptées par centaines. Pour devenir “le parrain des parrains”, Riina n’y allait pas de main morte, s’attaquant avec barbarie à tous ceux qui osaient se dresser sur sa route, en ce compris les représentants de l’État.

Ce documentaire en deux parties a été mis en boîte par Mosco Levi Boucault, connu pour ses enquêtes fouillées sur les résistants ou les Brigades rouges. Son objectif: brosser un portrait fidèle du patron de Cosa Nostra, alias “le fauve”, en ne s’autorisant aucun soupçon d’admiration. “Pour moi, Toto Riina était dépourvu de grandeur, explique l’auteur. À l’opposé du mythe de l’homme “d’honneur” dont se nourrit la mafia, il n’avait aucune loyauté, et encore moins le courage d’assumer ses actes. C’était un tyran. Mais un homme malgré tout, avec un côté shakespearien qui le rend intéressant.” Si l’ascension et la chute sont décortiquées en détail, la parole accordée à ses anciens associés ou ennemis - aujourd’hui protégés par l’État en échange d’une pleine collaboration avec la justice et parlant à visage caché - est encore plus éclairante. Les témoins bien vivants d’une mafia diabolique et sanguinaire, littéralement auscultée à bout portant.

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