Juicy réagit à "l'affaire Theo Francken"

© Guillaume Kayacan
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En le traitant de “connard”, le duo s’est mis Theo Francken à dos. Le point sur la table avec Julie et Sasha.

Vous avez récemment joué à Louvain où vous avez introduit votre titre Didn’t Knock - inspiré par le projet autorisant les visites domiciliaires chez les personnes soupçonnées d’abriter un migrant en séjour irrégulier - en disant qu’il est dédié à “un connard” - Theo Francken… Il a réagi. Êtes-vous surprises de sa réaction?

JULIE - Oui, parce qu’on joue ce morceau sur scène depuis un an et demi et je pense qu’il ne l’a même pas entendu. Et on introduit toujours le titre de la même façon avec des variantes. En Flandre, on dit qu’il est un “klootzak” - un connard. Chez nous, parfois, on dit “trou du cul” ou “un politicien dont on méprise la politique”…
SASHA - En France, on fait un parallèle avec une blonde pas très sympa…

Quand on traite quelqu’un  de connard ou de trou du cul, n’est-ce pas normal qu’il réagisse?

JULIE - Si! Mais nous, c’est les mots qu’on a envie d’utiliser quand on parle de ces politiques censés représenter notre démocratie et dans lesquels on ne se reconnaît pas…

Est-ce que vous regrettez  de l’avoir insulté?

SASHA - On ne regrette pas, on regrette qu’on n’ait retenu que ça…
JULIE - On avait peur qu’on s’arrête uniquement sur l’insulte et qu’on oublie le sujet de la chanson - ce projet de loi sur les visites domiciliaires.

Mais ce projet de loi n’est pas passé!

JULIE - Il a été postposé parce qu’il y a eu plein de réactions, mais dès qu’on aura un gouvernement, il va revenir sur le tapis. (La NV-A a redéposé le projet en juin, il devrait être rediscuté à la rentrée - NDLR.)   

À votre propos, Theo Francken a tweeté “La gauche se permet tout”. Êtes-vous de gauche?

JULIE - C’est sa façon de vouloir séparer les gens - la gauche, la droite… Il n’y a aucun parti politique qui me ­convainc à 100 %, mais on est plus à gauche qu’à droite, ça c’est sûr. 

Auriez-vous envie de rencontrer Theo Francken?

JULIE - Pas vraiment…
SASHA - Non. (Rire.) T’imagines, il débarque. Tu prends un verre, Theo? 

Ça peut être intéressant de  discuter avec lui…

JULIE - Je ne pense pas. (Rire.) Je pense que le dialogue est impossible.
SASHA - En tout cas, nous on n’y arrivera pas. Et puis, je ne me sentirais pas assez armée… Sur certains points, intellectuellement, il est sans doute plus fort que moi…
JULIE - C’est pas qu’il est plus fort que toi intellectuellement, c’est qu’on n’est pas des politologues, on a juste un ressenti de citoyennes…

Depuis le début de la polémique, vous recevez des messages…

SASHA - Oui. Connasses, salopes… 
JULIE - On a eu aussi “groupe de chattes”. Rien de constructif. Mais quand tu émets un avis sur quelque chose, tu sais que tout le monde ne sera pas d’accord avec toi…

Après ça, vous allez faire moins d’entrées en Flandre où Theo Francken est très populaire…

SASHA - On s’est posé la question…
JULIE - Si c’est le cas, ce serait grave. C’est inquiétant, ça veut dire qu’on ne peut pas dire ce qu’on pense sur une scène. 
SASHA - On te dira ça quand on n’aura eu qu’un seul concert en Flandre la saison prochaine (rire). 

Que faites-vous pour aider les migrants chez nous? 

SASHA - Moi, pas grand-chose.
JULIE - J’ai rendu quelques services à la plateforme citoyenne, j’ai récolté pas mal de vêtements… Mais c’est vrai qu’il faut être disponible.

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