En devenant Commissaire, Reynders devient-il un "planqué"?

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Dès son entrée en fonction à la fin de l'année, Didier Reynders aura la lourde tâche de lancer de nouvelles règlementations et de les exécuter auprès des 500 millions d'Européens. Pour ça, il touchera 25.000 euros par mois.

Chaque État membre de l'Union européenne devait pour ce lundi 26 août désigner son commissaire. Charles Michel, encore Premier ministre jusqu'à son entrée en fonction à la tête du Conseil européen en novembre, a soutenu son compère du MR Didier Reynders malgré les réticences des partis de l'opposition. Son président de parti devait en effet lui trouver une fonction digne de sa carrière politique après son échec pour briguer la tête du Conseil de l'Europe… Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes le traitent de "planqué". Son nouveau salaire (25.000€ par mois), surtout, lui vaut de nombreuses critiques.

On ne connaît pas encore son portefeuille, mais on peut imaginer qu'il sera en lien avec les deux grands ministères qu'il a occupés au cours de ces 20 ans de carrière au sommet de l'État belge: les Finances et les Affaires étrangères. "On ne peut par le garantir, prévient le professeur en droit institutionnel de l'Union européenne à l'université Saint-Louis Antoine Bailleux. Les places sont chères et les grands pays ont généralement la priorité. Historiquement, la Belgique est généralement bien lotie." 

Les commissaires proposent des lois

Peu importe les matières attribuées, les 27 commissaires ont les mêmes tâches générales et un agenda extrêmement chargé. "Ils ont le monopole de l'initiative à l'échelle européenne. Ils proposent de nouvelles règlementations. Le Parlement, les députés et les États ne peuvent pas, de façon isolée, faire proposition. Les 28 – 27 après le Brexit – sont obligés de se mettre d'accord." Les projets sont divers. Ils peuvent concerner les politiques environnementales, agricoles ou migratoires, la diplomatie européenne, les mesures de lutte contre le tabagisme ou de protection des consommateurs. Une fois un projet voté à l'unanimité, il est envoyé au Parlement et au Conseil. "Ensuite, les Commissaires reviennent sur le devant de la scène. Ils doivent faire vivre les législations. Ça peut paraître moins important, mais c'est à ce niveau là que des lois sont exécutées", poursuit Antoine Bailleux.

Reynders doit encore convaincre

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Didier Reynders n'en est pas là. Il doit d'abord réussir l'entretien avec la présidente de la nouvelle Commission Ursula von der Leyen. Cela ne devrait pas tellement poser problème vu l'expérience du libéral. "L'audition devant le Parlement européen qui suivra sera elle décisive. Certaines candidatures ont déjà été refusées…" En 2014, ça a notamment été le cas de la candidate slovène Alenka Bratusek. Alors présidente déchue de la Slovénie après une raclée électorale, elle avait tenté de se planquer à l'Europe. Ce qui a eu le don d'agacer les députés supranationaux. Didier Reynders, lui, est toujours populaire auprès des électeurs, et devrait donc s'en sortir.  

Il aura cependant une pression supplémentaire: tous commissaires européens belges ont jusqu'ici fait du bon boulot. Sa prédécesseure Marianne Thyssen, en charge de l'emploi, des affaires sociales et de la mobilité des travailleurs la première. "Son travail a été plutôt apprécié dans l'ensemble de l'Europe. Elle a bien avancé sur les dossiers de dumping social et du problème de détachement des travailleurs, malgré le blocage de certains pays de l'est."

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