Série

Pourquoi il faut éviter de regarder la saison 4 de "Las chicas del cable"

La quatrième saison de Las chicas del cable a débarqué sur Netflix. Spoiler alert: on n'a pas aimé (du tout).

Depuis le 9 août, Las chicas del cable (ou Les demoiselles du téléphone, mais ça claque moins) sont de retour sur Netflix pour une quatrième saison. Diffusée sur la plate-forme depuis 2017, cette série réalisée par Ramón Campos et Gema R. Neira, avait largement séduit le public. Las chicas se déroule au cœur d'une compagnie de téléphone située dans le Madrid des années 30. Là, Lidia (Blanca Suarez), Angèles (Maggie Civentos), Carlota (Anna Fernandez) et Marga (Nadia de Santiago), militent pour une société égalitaire où la femme cesserait d'être reléguée unquement au rang de mère.

Forte de ses personnages parfaitement écrits et sublimement interprétés, la première saison tombait à pic. Au lendemain du début de la révolution #MeToo et en pleine libération de la parole féminine, Las chicas apparaissait comme la série qui faisait du bien et qui rappelait tous les efforts déjà abattus par les femmes pour un monde libre et juste. Revendicatrice et gonflée à l'empowerement, l'une des premières séries made in Espagne diffusée sur Netflix (coucou La casa de papel) faisait un sans faute. Transgenrisme, homosexualité, miosgynie, violences conjugales: chaque thématique, aussi délicate à aborder soit-elle, était amenée avec inteligence et justesse. Las chicas appuyait là où ça fait mal et ses spectateurs·trices en sortaient avec des envies de révolution.

Mais ça c'était avant. Avant que, victimes de leur succès, les réalisateurs cèdent à la pression des chiffres (re-coucou La casa de papel) et proposent trois saisons largement inférieures. D'ailleurs, "catastrophique" qualifierait même mieux les huit derniers épisodes. D'abord, les histoires d'amour tournent en rond. Entre (SPOILERS) l'éternel trio amoureux qui unit Lidia, Carlos et Fancisco (qui est d'ailleurs dans le coma depuis des mois parce qu'il a sauvé la fille de Lidia), le divorce de Marga et le je t'aime-moi-non-plus d'Angèles et de l'inspecteur Cristobal, on n'en peut plus.

Le féminisme, ce truc à la mode

Reste le vague pitch principal de cette quatrième saison (parce que oui il en fallait tout de même un). Carlota, qui est définitivement le personnage qui sauve ce qu'il reste à sauver, se bat pour devenir maire de Madrid. Mais, sexisme oblige, elle se retrouve menacée par son concurrent qui ne voit pas d'un bon œil qu'une femme tente de prendre le pouvoir. Là où ce personnage, si forte et émancipée, pourrait nous balancer des discours qui nous fouteraient les poils, Carlota nous sert juste une soupe fade. Un peu comme si le féminisme et ses combats étaient devenus un phénomène à la mode capable de faire vendre n'importe quoi à n'importe qui.

Le tout basé sur des dialogues qui manquent cruellement de construction et un jeu d'actrices bateau qui rappelle les plus mauvaises heures de Plus belle la vie. Las chicas del cable se transforme progressivement en une sorte de télénovela à la Jane the virgin. Sauf que ce n'est pas ce qu'on nous avait promis et, en plus, c'est raté.

Le pire dans cette histoire reste que nous ne sommes pas au bout de nos peines puisque certaines actrices ont déjà confirmé que la cinquième saison était bouclée (et se déroulera pendant la guerre civile espagnole) et que le tournage de la sixième allait débuter. Lo siento...

Recevez le meilleur de l'actu selon