Iran: stop aux violences conjugales?

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Dans Quand les Iraniennes font la loi, Mina Keshavarz expose un combat sociétal révolutionnaire.

En Belgique, la répression des violences domestiques est inscrite dans le code pénal depuis 1997. De l’autre côté de la frontière iranienne, elle n’existe pas sur le plan légal. Or en ce moment, un collectif de femmes au courage exemplaire se bat pour faire passer un texte de loi au Parlement qui condamnerait les violences domestiques. Un sacré challenge, comme en témoigne l’histoire de Nasrin Sotoudeh. En mars dernier, cette éminente avocate iranienne spécialisée dans la défense des droits humains écopait de dix ans de prison et de 148 coups de fouet pour être notamment apparue sans voile dans un tribunal. Autant dire que le combat auquel se frotte l’ONG Soora - qui regroupe des victimes de violences conjugales, des militantes et des avocates - est loin d’être gagné.

Dans un pays où 66 % des femmes seraient victimes de violences, il n’est pas exagéré de dire que toutes ont déjà été confrontées au problème. La grand-mère de Mina Keshavarz, par exemple, a fait le choix de mourir pour échapper aux persécutions de son mari. La réalisatrice est donc directement concernée. Pour son quatrième documentaire engagé, elle a suivi les militantes dans leurs démarches: récolte de témoignages, réunions avec des avocats et rencontre avec une députée. Le Parlement iranien en compte 17 - un record - face à 273 hommes. Le chemin sera long…

Dans ce film percutant, l’originalité se trouve moins du côté du sujet en lui-même que dans la façon dont il est amené. Jamais les activistes ne sont vues comme des victimes. Il s’agit surtout de donner à réfléchir et de lever le tabou des violences familiales pour que peut-être un jour, ces actes soient légalement - et socialement - réprouvés.

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