Pourquoi Ecolo ne veut pas d'un candidat de la société civile à Bruxelles

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Ouvrir grandes les portes à la société civile, Ecolo l'a défendu jusqu'au bout avec son idée d'alliance coquelicot en Wallonie. Le gouvernement bruxellois vient d'être mis en place. Mais les verts n'ont pas imposé de candidat de la société civile. Au contraire. Et cela a miné le moral de la coprésidente Zakia Khattabi qui ne se représentera plus à la tête du parti.

Ecolo voulait faire pousser un coquelicot en wallonie en allant puiser des ministres dans la société civile. Cette idée originale a suscité le débat, les uns soulignant son originalité les autres son côté illusoire. Mais quand il est question de mettre effectivement sur orbite cette option, par exemple au sein du gouvernement bruxellois, rien ne se passe. Des paroles aux actes, regénérer la politique grâce à la société civile, il y a un pas que même les verts ne parviennent pas à franchir.

Ce qui s'est passé

La coprésidente des verts, Zakia Khattabi, a pourtant bien essayé. Elle a quitté la nuit de mercredi à jeudi une assemblée générale tendue, les larmes aux yeux, dit-on. Le real politik venait de la rattraper. Les écolos étaient et resteront sans pitié pour leurs dirigeants. Les décisions chez les verts se sont toujours prises collectivement. Mercredi soir, les membres du parti étaient déjà quelque peu irrités par les négociations menées relativement en solo par Zakia Khattabi et Alain Maron. C'est dans cette ambiance que l'idée « Isabelle Pauthier » est sorti du chapeau de la coprésidente. Isabelle Pauthier est élue depuis le 26 mai dernier. Elle a dirigé avant cela, et avec un certain brio, l'Arau, un groupe de Bruxellois engagés en réaction à l'exode urbain et aux aberrations urbanistiques bruxelloises. Le groupe des députés écolos a remis un premier avis négatif sur Isabelle Pauthier. Qu'à cela ne tienne. Malgré les vents défavorables la coprésidente a décidé de porter « sa » candidate au conseil de fédération, puis carrément en assemblée générale. En vain.

Pourquoi ça s'est passé

La co-présidente d'Ecolo a plaidé le côté « société civile » d'Isabelle Pauthier qui fait, il est vrai, ses premiers pas en politique. Mais elle est bel et bien élue écolo et non pas candidate de la société civile, ont rétorqué ses détracteurs. La nuance est fragile mais effective. Isabelle Pauthier n'en aurait pas moins été une secrétaire d'Etat d'ouverture. Las. Les écolos, comme cela se conçoit dans tous les partis politiques, ont plébiscité Barbara Trachte, bien du sérail, pour sa légitimité. La nouvelle secrétaire d'Etat a rendu bien des services depuis dix ans à son parti et elle est au fait de la ligne de son parti.

Isabelle Pauthier, elle, est évidemment peu ou mal connue. Elle a un profil atypique. Pire. L'association qu'elle a dirigé a oeuvré en toute indépendance (logique) et a donc pris plus d'une fois des positions antagonistes au parti vert. « Et ça, ça fait peur. Qu'est-ce qui nous dit qu'elle est fiable », rapporte une source. « Isabelle Pauhier a une vision de la ville un peu clivante », dit un autre. Bref. Retour à la case real politik. Même chez les verts, il en va ainsi. Adieu veau, vache, cochon, couvée et coquelicot.

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