Le petit lexique du Tour de France

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Vous pouvez difficilement l'avoir loupé : la Grande Boucle démarre demain de Bruxelles. L'occasion pour les profanes de découvrir les joies des après-midi sieste-apéro-découvertes touristiques, bercés par cet amour de Rodrigo Beenkens. Pour vous, on revoit les bases.

La 106e édition du Tour de France démarre chez nous ce samedi. Cinquantième anniversaire de la première victoire d'Eddy Merckx oblige, Bruxelles se prépare depuis plusieurs mois à lancer le départ de l'un des plus grands évènements sportifs de la planète. Cette effervescence vous a donné envie de regarder certaines de ces looongues étapes entre cartes postales et exploits sportifs ? Voici un petit lexique indispensable pour comprendre les tout aussi looongues explications de Rodrigo Beenkens.

Aspiration : Phénomène aérodynamique utilisé comme stratégie de course permettant à un coureur de brûler moins d'énergie grâce à la présence d'un autre coureur devant lui. D'où les relais entre les coureurs de tête qui veulent accélérer la cadence ou préserver la fraicheur de leur sprinter à l'approche de la ligne d'arrivée. Le gain d'énergie est tel qu'en réalité, toute la course est basée sur l'aspiration.

Baroudeur : Se dit de celui qui part régulièrement seul dans une aventure au long cours. Le genre de coureurs que l'on aime pour leur panache, sauf Thomas Voeckler, que l'on n'aime pas parce qu'il râle tout le temps.

Bonification : Ce sont ces quelques secondes que l'on enlève au temps réel grâce à une bonne place. Le système des bonifications a souvent évolué. Ces secondes peuvent tout changer... mais ne changent en fait jamais rien.

Bordure : Terme généralement utilisé dans un cri par Rodrigo : "Attention bordure !". Une bordure nait de la conjugaison d'une soudaine accélération en tête de peloton et d'un puissant vent de ¾ face. C'est donc un phénomène physique, à l'image de la gravité ou des éruptions volcaniques. Rien que ça.

Caravane du Tour : Elle se compose des 160 véhicules qui passent quelques heures avant les coureurs pour amuser les quelque dix à douze millions de spectateurs qui s'amassent aux bords des routes et leur distribuer plus de quinze millions de cadeaux. Des spectateurs qui attendent le graal ultime : le bob Cochonou.

Chute : Comme son nom l'indique, c'est quand un coureur tombe. Une chute arrive quasiment à chaque fois hors-caméra. Du coup, on débarque après, quand les coureurs se relèvent en sang. C'est généralement le moment où Rodrigo nous sort de notre sieste en criant un "Oulaaaa chuuuuute !" guttural, adouci par le "aie aie aie" poussé dans un souffle par son consultant Cyril Saugrain.

Combatif : Un prix symbolique (quoiqu'un peu pécunier aussi) remis au coureur qui a le plus attaqué durant une étape. Dès qu'un Français attaque, il est désigné combatif du jour. Et Rodrigo râle.

Danseuse : Les fesses relevées, le maillot ouvert, débout sur les pédales, la langue pendue, la goute qui pend au menton. La position idéale pour gravir les pires difficultés sous le cagnard. Et montrer sa lune à ses adversaires.

Échappée : Il s'agit d'un groupe de coureurs partis s'exiler en tête de course dans l'espoir d'aller remporter l'étape. Elle peut intervenir à n'importe quel moment. Si aucun coureur représentant un danger pour le maillot jaune ne s'y trouve, elle a des chances d'aller au bout. Si c'est le cas, l'échappée aura par contre du mal à ne pas se faire avaler par le train du peloton, mené par l'équipe du leader du classement général.

Flamme rouge : Nom poétique désignant le petit drapeau qui annonce le dernier kilomètre de l'étape.

Grupetto : Un groupe qui se forme à l'arrière du peloton durant les exigeantes étapes de montagne, composé des galériens en souffrance qui se demandent ce qu'ils foutent là.

Lanterne rouge : Autre nom poétique désignant le dernier du classement général. La légende raconte que certains se battent pour être le plus nul. Car le sport est ainsi fait que l'on se souvient parfois davantage du dernier que du deuxième...

Maillot à pois : Le maillot à pois fait référence à un classement par point. Il revient au coureur qui en a accumulé le plus aux sommets des cols. Le grimpeur est d'habitude nettement plus fin et léger que les autres. Son maillot distinctif est unanimement reconnu comme le maillot le plus laid du cyclisme international.

Maillot arc-en-ciel : Certains maillots distinctifs traversent le peloton sans lien avec le Tour lui-même. Le maillot arc-en-ciel est porté par le champion du monde (Tommeke, Tommeke, Tommeke). Les coureurs qui ont remporté leurs championnats nationaux portent également un maillot spécial sur le Tour de France.

Maillot blanc : C'est le maillot du meilleur jeune, récompensant le coureur de moins de 25 ans le mieux classé. Si le vainqueur a moins de 25 ans, il aura donc, en plus du maillot jaune, le maillot blanc.

Maillot jaune : Il s'agit tout simplement du vainqueur du Tour de France, soit celui qui a passé le moins de temps sur son vélo durant les 21 étapes. Les dernières étapes étant moins exigeantes, on connait généralement son identité à la sortie de la montagne (ou quelques années plus tard, quand le titre est réattribué au premier coureur non dopé du classement...). La couleur fait référence à celle du journal qui a lancé le Tour en 1903, L'Auto. Cette année, chaque tunique arborera un imprimé différent, dont l'Atomium durant la deuxième étape et le visage d'Eddy Merckx lors de la troisième.

Maillot vert : À chaque étape, un certain nombre de points est attribué selon la place des coureurs. Celui qui accumule le plus de points remporte le maillot vert, souvent réservé aux puissants sprinters. Lourds, ces derniers galèrent en montagne. Voilà pourquoi, même en remportant cinq ou six étapes, ils peuvent se retrouver très loin du maillot jaune au classement général.

Montagne : Étape de milieu de Tour. Les écarts se font et se défont dans les cols tous plus durs les uns que les autres. On s'intéresse souvent beaucoup plus à la bagarre des favoris du général qu'au vainqueur de l'étape... sauf s'il est Belge <3.

Peloton : Le groupe qui rassemble le plus de coureurs durant une course. Un lieu convivial où ça pédale tranquille. Durant les longues heures d'étapes un peu molles, les coureurs ont le temps d'y discuter de la vie.

Plaine : Étape de début et de fin de Tour, se déroulant sur du plat. Ne valent que pour leurs vingt dernières secondes et le démarrage du sprint. L'étape idéale pour la sieste.

Sucer la roue : Expression relativement imagée qui désigne le mec qui va gonfler son pneu à la bouche après une crevaison... Non on déconne. Sucer la roue signifie suivre de près un adversaire bien précis et rester... dans sa roue.

Sprint : Truc de dingue où cinq-six tarés, à environ 300 mètres de la ligne d'arrivée, se jettent à près de 80 km/h vers la victoire d'étape (ou vers une mort certaine). Ça frotte, ça touche, ça glisse et on se demande comment ça se fait qu'il n'y ait pas plus d'accidents...

Voiture-balai : Comme son nom l'indique, elle ramasse les coureurs qui abandonnent ou qui arrivent hors délais (ou qui en ont marre).

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