"Vivre autrement, Road to Alaska", la folle aventure de deux jeunes documentalistes belges

Teaser

Un couple de Belges est parti sur les routes du Grand Nord pendant un an. Ils en sont revenus avec un documentaire édifiant sur la façon d'appréhender la vie et le temps qui passe. Rencontre avec la réalisatrice.

Delphine Casimir et Quentin Carbonnelle ont traversé le Canada de mars 2016 à février 2017. Armés d’un simple appareil photo et d’un micro-cravate, ils en ont fait un documentaire, "Vivre autrement, Road to Alaska". La projection de leur film est programmée pour une trentaine de dates en France et en Belgique. La semaine prochaine, le couple se rendra au festival LaSemo à Enghien. Leur expérience les a radicalement changés.

Nous avons discuté avec Delphine, jeune Bruxelloise trentenaire aujourd'hui détachée à Court Saint-Etienne, là où réside son compagnon.

Qu’est-ce qui vous a décidé à partir ?

Delphine Casimir : J’ai travaillé près de 10 ans dans la communication digitale et je me suis rendue compte que je n’étais pas heureuse devant un écran d’ordinateur. Je n’avais jamais expérimenté le Wwoofing – association mettant en réseau des fermes biologiques et le grand public -, contrairement à Quentin. Il m’en a dit tellement de bien que j’ai eu envie d’essayer. On est donc parti avant cela un mois en Islande afin de voir si j’étais prête à faire le grand saut.

Avez-vous éprouvé des difficultés à trouver des hôtes ?

D.C. : En Islande, on a fait notre Wwoofing en plein hiver et on a eu la chance de trouver cette famille qui avait besoin d'aide. Postuler dans les fermes à la bonne saison rend les choses plus faciles. Comment se sont passées vos rencontres avec eux ? On a rencontré des gens qui nous ont bouleversé, des gens avec énormément d'humanité, extrêmement inspirants. Il ne fallait pas couper la caméra ni leur poser une tonne de questions, ils comprenaient vite l'objectif du documentaire. On leur expliquait toujours qu'on en avait marre du rythme bruxellois, qu'on avait un peu deux mains gauches et qu’on voulait changer ça. Quand je pensais à ma grand-mère qui savait tout faire, j'avais honte. Le but de ce voyage, c'était de rencontrer des personnes qui allaient non seulement nous former mais qui allaient aussi nous transmettre des messages positifs. Beaucoup de mes connaissances sont en burn-out, prennent des antidépresseurs et ne sont pas heureuses dans leur boulot. On voulait que notre expérience apporte un déclic à d'autres personne. 

Quand je pensais à ma grand-mère qui savait tout faire, j'avais honte. 

N’avez-vous pas peur de tomber dans le cliché : « Il faut voyager pour être heureux » ?

D.C. : C’est une très bonne question. Et ce n’est pas du tout le message que l’on souhaite faire passer, que du contraire ! Pour notre prochain documentaire, on aimerait montrer qu'il y a aussi plein de beaux projets à deux pas de chez nous : des coopératives, des jardins partagés... Il faut trouver sa voie qu'importe où elle se trouve, c'est ça notre message.

Delphine Casimir

Vous projetez donc de partir à nouveau ?

D.C. : Oui, nous repartons en janvier 2020 pour un tour du monde. Le but sera de découvrir des mentalités autres qu'européennes pour faire un documentaire tout horizon, tout profil. On a envie de faire encore mieux et de nous tourner davantage vers l’écologie. On a voyagé un an dans une voiture que l’on a aménagée et là, le but, ce sera de voir les spécificités de chaque région et d’adapter nos transports en fonction de cela. On désire vraiment voyager de façon plus responsable. Durant notre voyage en Alaska, nous avons vu la fonte des glaciers et la situation est vraiment dramatique. C’est la même chose à Vancouver (côte ouest du Canada), où on s’est rendu compte que la population d’orques était en plein déclin. C'est bouleversant car la faune et la flore au Canada, c’est vraiment quelque chose de magnifique.

Nous avons vu la fonte des glaciers en Alaska et la situation est vraiment dramatique.

Une phrase pour résumer votre message ?

D.C. : La vie ça se passe maintenant. Pas hier, pas demain, c’est maintenant. C’est une phrase de Maxim du ranch Manitou Musher, un éleveur de chiens de traîneau éthique. Il n’attache pas ses chiens et les considère comme des membres à part entière de sa famille.

C’est la personne qui vous a le plus marqué ?

D.C. : Elles nous ont toutes marqués mais lui, oui, très fort.

Delphine Casimir

Plus de Actu

Notre Selection