Dure semaine pour la monarchie

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Entre les tests ADN auxquels Albert II a (enfin) décidé de se soumettre et le roi Philippe qui reçoit le Vlaams Belang, la monarchie vit une semaine compliquée.

Ça n'était plus arrivé depuis 1936. Le Roi a reçu le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, mercredi matin à 10h45. Après avoir convié la plupart des partis traditionnels et avant de recevoir le PTB, Philippe a finalement décidé d'ouvrir la porte du Palais royal au parti d'extrême droite. La question était sur toutes les lèvres et en une de tous les journaux depuis plusieurs jours. Certains soufflent déjà que le Roi aurait cédé aux pressions de la N-VA tandis que d'autres y voient définitivement la fin du cordon sanitaire.

Deux fois dans l'Histoire

La dernière visite de l'extrême droite au Palais royal remonte à 1936. À l'époque, Rex, le parti fasciste de Léon Degrelle, atteint un bon score aux élections législatives. Le roi Léopold III invite donc le leader au Palais. Quelques dizaines d'années plus tard, en 1978, c'est au tour du roi Baudouin de proposer au président du Vlaams Blok, Karel Dillen, de venir s'entretenir avec lui. À la différence de Degrelle, Dillen refuse. Depuis plus rien.

Ce qui est certain, c'est que le roi Philippe était face à un dilemme depuis dimanche soir. Refuser de recevoir le Vlaams Belang revenait à ignorer les votes de milliers de Belges (810.000 voix au fédéral). Mais, cordon sanitaire oblige, Philippe n'était nullement obligé de proposer une quelconque invitation. La tradition est désormais rompue, Tom Van Grieken a fait son entrée (sous la cohue générale) à la table des discussions post-élections. "Ce n'est pas un moment historique. C'est quelque chose de tout à fait normal d'être invité pour un parti qui a gagné les élections. Tout à fait normal d'être appelé", a-t-il déclaré dès son arrivée.

"Rien que l'idée de voir arriver le Vlaams Belang au Palais me fait froid dans le dos", a commenté Maxime Prévot, président du cdH, à sa sortie du Palais. "Mais, au vu du résultat démocratique en Flandre, personne n'en tiendra rigueur au Roi de le recevoir", a-t-il nuancé. Du côté des autres partis traditionnels, les réactions ont également fusé. Le Parti socialiste s'est dit profondément choqué par cette entrevue. "Pourquoi le Roi devait-il recevoir le Vlaams Belang ? Alors qu'il y a eu un NON des partis démocratiques flamands en dehors de la N-VA qui ont dit qu'ils ne voulaient pas gouverner avec le Belang. Et côté francophone, personne ne veut non plus.", a réagi une Laurette Onkelinx outrée au micro de RTL. Le MR estime, lui, que le Roi respecte la procédure constitutionnelle et qu'il est dans son droit tandis qu’Écolo et le PTB préfèrent s'abstenir de déclarations engagées.

Entre neutralité et principe historique, le cœur du Roi a cessé de balancer. Après une entrevue d'une demi-heure, le président du Vlaams Belang est reparti aussi vite qu'il était arrivé en mentionnant une "conversation agréable". Philippe devra ensuite désigner un informateur chargé d'établir une potentielle majorité. En 2014, Bart De Wever avait endossé le rôle et, au vu des résultats même affaiblis, le nationaliste a de fortes chances de rempiler.

La casserole d'Albert II

Dans un tout autre registre, Albert II a finalement décidé mardi matin de se soumettre aux tests ADN que Delphine Boël et son avocat, Marc Uyttendael, demandent depuis plusieurs années. L'histoire commence bien avant ça, en 1999 alors qu'Albert II n'est roi que depuis six ans. Dans une biographie sur la vie de la reine Fabiola, une relation extra-conjugale de laquelle serait née une petite fille – Delphine Boël - est mentionnée. Silence radio du côté du Palais qui ne préfère pas commenter le contenu du livre, mais qui finit par reconnaître que le couple royal a connu (comme beaucoup de couples) une période difficile des années auparavant.

En 2013, la petite Delphine Boël est devenue grande et demande des comptes à celui qui a abdiqué et n'est désormais plus roi (et donc susceptible d'être jugé comme n'importe quel autre citoyen). Elle souhaite être reconnue en tant que fille légitime d'Albert II et demande qu'il se soumette à un test ADN. Six ans et de très nombreuses décisions de justice plus tard, Albert II finit par accepter les prélèvements alors qu'il avait été menacé deux semaines auparavant de devoir payer une astreinte de 5.000 euros par jour s'il refusait de se rendre à l'hôpital. À l'hiver dernier, la justice belge avait finalement reconnu que Jacques Boël, l'homme qui s'est occupé de Delphine depuis sa naissance, n'était finalement pas son père légitime.

L'histoire pourrait (enfin) s'arrêter là et cesser d'être une grosse casserole traînée par la famille royale belge, mais il n'en sera rien pour le moment. Certes Albert II s'est soumis aux tests, mais il a également introduit un pourvoi en cassation qui est toujours en cours et empêche aux résultats d'être rendus publics. Delphine Boël devra encore prendre son mal en patience et attendre qu'une énième décision de justice soit prise quant à cette affaire. Les sombres jours de la famille royale ne semblent donc pas terminés.

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Le prince Laurent tacle la Suédoise

"Je n’arrive pas comprendre que dans notre capitale prospère, tant de bâtiments restent vides alors que des milliers de personnes dorment dans la rue", a déploré le prince Laurent à l'agence de presse Belga à qu'il donnait une interview mardi. "Cela défie l’imagination. Si vous savez que des milliards d’euros ont été mal dépensés, c’est vraiment dommage de constater que des personnes n’ont pas de toit au-dessus de leur tête." Pour Laurent, l'État aurait pu mieux investir son argent, notamment pour venir en aide aux sans-abris.

Le Prince aux milles polémiques a également accusé les "politiciens" de lui avoir enlevé son travail. Il faut dire que les relations du plus jeune des fils d'Albert II avec la Suédoise n'étaient pas roses. Surtout depuis que le prince Laurence s'était rendu sans autorisation et en uniforme militaire à l'ambasse de Chine pour célébrer le 90e anniversaire de l'armée chinoise. Suite à ça il avait vu sa dotation rabotée de 15%. Politique et famille royale ne semble pas faire fort bon ménage cette semaine. 

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