En France, 1.100 dauphins retrouvés morts depuis le début de l'année

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Chaque année en France, ce sont quelque 6.000 dauphins qui sont tués. 2019 a déjà atteint un record et, selon l'organisation Sea Shepherd, ce n'est pas prêt de s'arrêter.

Au large de la Vendée, de la Charente Maritime ou de la Gironde, des chalutiers pêchent quotidiennement le bar et le merlu. Souvent de nuit. Plus au moins au même endroit, des centaines de dauphins ondulent au rythme des vagues. "Les dauphins ne sont pas des poissons, mais des mammifères marins. Ils ont besoin de respirer l'air et de remonter à la surface", rappelle Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. Pour attraper leurs proies, ces mêmes chalutiers utilisent des filets qui ne sont pas sélectifs et dans lesquels les dauphins viennent se glisser malgré eux. En plus d'être asphyxiés, les animaux se retrouvent mutilés par les pêcheurs qui tentent de se débarrasser d'eux.

Cela ne fait que quatre mois que l'année 2019 a commencé et déjà 1.100 dauphins ont été retrouvés morts. Des images lourdes d'animaux ensanglantés gisant sur les plages françaises, inertes. Une réelle boucherie qui est loin d'être neuve. Depuis au moins 15 ans, le constat est le même et les organisations de défense animale ne cessent de tirer la sonnette d'alarme. "On ne peut plus parler d'accident parce que maintenant c'est structurel", dénonçait Dominique Chevillon, président de Ré Nature Environnement au micro d'Europe1 en février dernier.

Et il n'y a d'ailleurs pas qu'en France que les animaux marins sont retrouvés morts échoués. En novembre dernier, 28 cétacés gisaient sur une plage de l'extrême sud-est de l'Australie. Quelques jours seulement après que 150 dauphins aient été retrouvés sur l'île de Stewart en Nouvelle-Zélande. 

Des solutions peu efficaces

Une problématique dont les marins sont conscients et pour laquelle ils se sont engagés au début des années 2000 à essayer de trouver des solutions. Par exemple, en novembre dernier l'organisation professionnelle Les Pêcheurs de Bretagne et l'Institut scientifique Ifremer s'étaient associés et avaient présenté un répulsif acoustique aux résultats encourageants. Placés sur les navires, les engins émettent des signaux qui éloignent les cétacés tout en permettant d'attraper quand même les poissons. Force est de constater que l'outil est, soit pas suffisamment utilisé, soit pas assez efficace.

Les différentes associations de sauvetage des animaux multiplient les missions en mer. Sea Shepherd a d'ailleurs à maintes reprises filmé des marins violentant des dauphins pour ensuite diffuser les capsules sur les réseaux sociaux afin de dénoncer et de faire réagir. Des pratiques que les marins n'apprécient que très moyennement, eux qui estiment faire de leur mieux pour limiter la casse tout en rappelant que la pêche reste leur commerce et leur source de revenus. "La manière dont ça a été fait, c'est vraiment un coup de poignard dans le dos. Rester derrière des bateaux toute la nuit en attendant que ça arrive, c'est comme si vous étiez sur l'autoroute en attente de l'accident", s'indignait José Jouneau, président du comité régional des pêches et des élevages marins sur la chaîne France 3 Nouvelle Aquitaine.

En février dernier, le navire Sam Simon se joignait aux flottes de Sea Shepherd pour sauver un maximum de dauphins. Et ces échouages ne sont qu'une partie du carnage qui se passe dans nos océans. En plus des 1.100 dauphins retrouvés morts sur les plages, des milliers d'autres finissent éventrés au fond des eaux. S'ajoutent à tout ceci, les nombreuses vidéos qui pleuvent presque quotidiennement sur les réseaux sociaux comme celle d'un bébé dauphin enfermé dans un sac plastique ou d'une baleine retrouvée avec 22 kilos de plastique dans le ventre.

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