Yelle: "Beaucoup de gens ne connaissent finalement que 'Parle à ma main' de moi', ça peut faire de la peine après 3 albums"

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Après avoir enflammé un Botanique sold out fin février et le Reflektor début mars, la chanteuse électro-pop revient sur les temps forts de sa carrière.

Cela faisait un moment qu'on n'avait plus entendu parler d'elle. Enfin, d'eux, parce que Yelle est bien un groupe, même si c'est effectivement le visage de Julie Budet qui en est l’emblème. Pourtant, les adolescents de 2007 s'en souviennent comme si c'était hier (désolé pour le coup de vieux). Le fameux Parle à ma main interprété par la jeune Yelle et le double complètement déjanté de Michaël Youn, Fatal Bazooka. Impossible, même à grands coups de mémoire sélective, de ne pas se rappeler des paroles de cette chanson qui restera pendant sept semaines en tête des charts français. De ce clip et des expressions qui en ont découlé pour s'installer dans les habitudes de langage des jeunes ("FBI : Fausse Bonne Idée", vous vous en rappelez ne mentez pas).

Découvert grâce à MySpace il y a déjà presque 15 ans, Yelle avait fait sensation en imposant ses clips colorés et ses paroles souvent suggestives. Le tout saupoudré, à l'époque, d'une bonne dose de fluo et de tecktonik. Depuis quelques mois, le groupe revient avec plusieurs morceaux et clips pour le plus grand plaisir des nouveaux fans et des nostalgiques. Retour sur un succès.

Vous avez été découverte en grande partie grâce à MySpace, quel rôle jouent encore les réseaux sociaux dans votre carrière aujourd'hui ? 

Ils jouent un rôle de lien informatif avec notre public. Je ne suis pas du genre à poster 1000 trucs par jour sur Instagram par exemple, je n'en ai pas fait "mon média". En revanche on informe systématiquement des dates de concerts, de nouvelles chansons, remixs, collaborations, etc. Étant donné que Facebook est tout cassé, que Twitter est assez connoté info-société, on privilégie Instagram.

Avec du recul, la tecktonik vous en pensez quoi ? 

J'en pense et j'en ai toujours pensé beaucoup de bien. Tout le monde encense la danse hip-hop et beaucoup se moquent de la tecktonik, mais en réalité il y a pas mal de similarités dans la démarche. C'était super de voir des kids danser dans les coins de rues de lotissements. La surmédiatisation de ce qui est devenu une marque, "Tecktonik", a tué le mouvement. Après on a le droit de ne pas aimer l'esthétique, c'est une affaire de goûts, mais l'énergie était incroyablement positive et profondément sincère.

Quel rôle a joué la chanson "Parle à ma main" dans votre carrière ?

Un double rôle, d'une part très "ouvrant", la chanson ayant été très présente sur les radios et télés à l'époque. Elle a donné un gros coup de fouet à ma "popularité" - pardon pour le terme ! Le revers de la médaille c'est le coté stigmatisant d'un succès. Beaucoup de gens ne connaissent finalement que ça de moi, ça peut faire de la peine après 3 albums et des centaines de concerts ! Mais c'est logique.

Comment vous expliquez votre succès à l'international (aux États-Unis notamment) ? 

Pas facile à expliquer. Nous avons tout de suite été invités à jouer à l'étranger, que ce soit en Scandinavie, en Australie, aux USA. Il y a eut un vif intérêt à l'international et nous avons bien développé ça. Les gens qui nous voient en concert se passent le mot, et le public grandit de manière très organique et solide. Nous avons joué trois fois au festival Coachella, fait plusieurs tournées aux USA de 25 dates à chaque fois, tout s'est construit sainement, avec beaucoup d'amour aux concerts !

C'est important d'être reconnue en dehors des frontières françaises ? 

C'est un énorme kiffe, voyager et remplir des salles à l'autre bout de la planète en chantant en Français. On est hyper fiers de ça, même si on a joué plein de fois à Salt Lake City mais jamais au Mans (rires) !

Ça fait un petit temps que vous n'avez pas sorti d'album. Quoi de prévu pour la suite ? 

Oui, le dernier était Complètement Fou, en septembre 2014. Depuis ça on a sorti des singles tous les 6 mois, Ici et Maintenant, Interpassion, Romeo, OMG!!! et on a bien aimé cette cadence super libre. On continue à écrire des chansons sans savoir sous quel format elles vont sortir.

Fin 2018, vous sortiez un morceau avec Voyou, un duo qui s'est fait de manière très naturelle, puisque vous l'aviez invité à vous rejoindre pour des sessions sans spécialement penser à faire un morceau ensemble... Est-ce que toutes vos collaborations se passent comme ça ? Ou du moins, est-ce que ça devrait toujours se passer comme ça ?

Alors ça ne s'est pas passé vraiment comme ça ! On se voyait pour bosser ensemble oui mais le featuring sur sa chanson Les bruits de la ville a quand même été le fruit d'une discussion, lorsqu'il nous avait envoyé la démo de la chanson. Voyou est un ami, et même si les collaborations peuvent se faire dans d'autres contextes, c'est toujours mieux quand l'harmonie humaine est forte.

Quelles sont les principales différences entre Yelle et Julie, s'il y en a ?

Je suis plutôt timide dans la vraie vie, et je me maquille un peu moins (rires).

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Vous avez joué devant un Botanique soldout la semaine dernière, le public Belge vous suit depuis vos débuts, quel regard portez-vous sur l'audience noire-jaune-rouge ?

Les Belges sont vraiment incroyables, ce n'est pas une légende ! Des super gens, gentils, marrants, enthousiastes, motivés, on adore l'énergie d'ici, et on a toujours été bien suivis, surtout à Bruxelles !

Qu'est-ce que ça représente, pour vous, de sortir un album en 2019 ? Est-ce que le format a encore de l'importance ?

Les formats ont encore de l'importance pour certains "vieux" médias. Je pense à la presse, à la télé, et pour quelques professionnels notamment dans le milieu de la tournée. Les gens, globalement, se moquent du format, à part quelques passionnés de "l'écoute album". Tant que les chansons sont bonnes, peu importe sous quelle forme elles sortent !

>>> Yelle en concert le 29 mars à Nantes, le 5 avril à Madrid et le 23 mai à Paris. Plus d'infos sur yelle.fr

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