Musique

Pourquoi Billie Eilish est la fille de l’année

Sons d’aujourd’hui, pensées amères et guitares grungy. À dix-sept ans, la Californienne incarne le renouveau de la pop.

Bermuda baggy, t-shirt Gucci taille XXL, baskets, protections de skateuse sur les genoux et décoloration bleue dans les mèches de cheveux. Voilà comment Billie Eilish s’est présentée à son public belge (99 % d’ados dont 75 % de filles), le 25 février dernier à la Madeleine. À dix-sept ans, la jeune fille pourrait incarner n’importe quelle héroïne d’une série ado pour Netflix. Elle préfère en nourrir les bandes originales. Pretty Little Liars, The Vampire Diaries, The Originals, 13 Reasons Why ou encore Roma… Ses chansons sont partout.

Dans ses compositions réalisées avec son frère aîné Fineas, Billie Eilish impose son refus d’être formatée. “Je n’ai jamais saisi le concept de se fondre dans la masse et de faire comme tout le monde, explique-t-elle. Je préfère me surprendre moi-même.” Cette attitude, à mille lieues de la pop lisse d’Ariana Grande et d’un hip-hop américain de plus en plus conventionnel, paie. Tout en s’inspirant des sonorités de sa génération, Billie Eilish ajoute aussi des guitares grungy et une batterie dans ses productions. Elle cite aussi bien Avril Lavigne que A$ap Rocky comme influences et se nourrit de son vécu de “fille pas comme les autres” pour écrire ses textes.

Troubles neurologiques

Fille de comédiens, Billie a grandi dans les quartiers latinos de Highland Park, à Los Angeles, là même où Tarantino avait planté le décor de Reservoir Dogs. Elle a eu une scolarité difficile, est atteinte du syndrome Gilles de la Tourette et souffre de troubles de sommeil. “When We All Fall Asleep, Where Do We Go”, le titre de son premier album à paraître ce 29 mars fait référence aux cauchemars qui la hantent. Ses textes évoquent des amitiés perverses (When The Party’s Over), des mecs “chelous” (My Boy) et des pensées morbides. Dans le refrain de Bury A friend, Eilish chante ainsi “Enterrer un pote… En finir avec moi”. Les parents d’aujourd’hui qui avaient vingt ans quand Nirvana a explosé pourront méditer là-dessus. Pour Dave Grohl, leader de Foo Fighters et ancien batteur du trio de Seattle, le doute n’est déjà plus permis. “Quand je regarde Billie Eilish, je me dis que le rock n’est pas mort. Elle me fait penser au phénomène Nirvana.” Et toc.

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