Le beau monde de Vincent Peiffer : Anuna et Bart

Teaser

Ils ont le même nom mais vraiment aucun lien. L’une a l’espoir, l’autre l’impuissance…

Ils étaient encore 11.000 écoliers à sécher les cours dans nos villes pour le huitième Jeudi pour le climat. À Anvers, l’activiste suédoise de 16 ans Greta Thunberg était là, avec les organisatrices belges du mouvement “Youth for Climate”, Kyra Gantois et Anuna De Wever.

Anuna et Bart. Bart et Anuna. Anuna 17 ans, Bart 48 ans. Le même nom mais aucun lien familial. Jeudi avec quelques autres, Anuna voulait être reçue par Bart, son bourgmestre homonyme. Comme un symbole, peut-être. Un passage de génération : tu ne piges rien au réchauffement climatique? Moi si. Tu te fiches de la Terre que tu nous laisseras? Moi non. Tu n’écoutes pas les scientifiques? Moi si. Mais Bart a refusé de voir Anuna. Y ajoutant cet habituel dédain dans la formule : “Ce n’est pas parce que la puberté manifeste que les réponses doivent être pubères”. Avec aussi des formules vides, quand on sait les 40 ans d’immobilisme climatique : “C’est aux politiques de répondre avec maturité aux protestations des jeunes et non pas de les suivre”.

Quand même, Bart a précisé qu’il souhaitait se réunir avec Anuna et les autres pubères. Mais sans les caméras. Les autres politiciens qui accueillent ces jeunes devant les journalistes? “Ils ne le font que pour se mettre en scène.” Lui veut faire ça discrètement. Bizarre, tout de même. Lui qui aime tant les caméras quand il s’agit d’éructer ses piques nationalistes ou migratoires, Bart ne veut soudainement rencontrer d’inoffensifs pubères que hors caméras. À moins que, devant les journalistes, il n’ait rien à leur dire que des banalités passives. Et que ça se verrait.

Sa N-VA ne s’est jamais préoccupée d’environnement, moquant volontiers les climatologues et les scientifiques, n’écoutant que ses “patrons” du Voka, et martelant que la Flandre nationaliste, confédéraliste ou indépendante allait tout régler. Y compris le climat. Des dizaines de milliers de jeunes manifestent tous les jeudis et Bart sait quoi leur dire. Alors il tente de relancer un pathétique débat communautaire, avec sa ministre flamande de l’Intérieur, Liesbeth Homans, qui refuse de nommer quatre bourgmestres des communes à facilités. Ce dont tout le monde se fiche. Surtout Anuna et les autres

Cet article est issu de notre magazine papier. Pour plus d'infos qui piquent, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Plus de Actu

Les plus lus

Notre Selection