Gilets jaunes

Les "foulards rouges", la riposte face aux Gilets jaunes?

Le mouvement des Gilets jaunes perdure et, avec lui, son lot de débordements. De quoi exaspérer une partie de la population qui rétorque avec un second mouvement : les "foulards rouges". Qui sont-ils?

C'était tout à fait prévisible, le mouvement des gilets jaunes ne fait pas l'unanimité. Les violences survenues lors des manifestations au fil des week-end ont même mené à la création d'un nouveau groupe. Les foulards rouges voient le jour fin novembre 2018 et dépassent aujourd'hui les 39.000 membres sur Facebook.

Le porte-parole de cette initiative, le jeune Théo Poulard, précise que le mouvement n'est pas "anti-Gilets jaunes". Il déclare les intentions à l'origine des Gilets jaunes louables, mais dénonce les nombreux heurts répertoriés ainsi que les diverses récupérations par les extrêmes de l'échiquier politique. Une reprise que veulent éviter les foulards rouges qui, eux, insistent sur le caractère apolitique de leur initiative.

Les foulard rouges semblent nettement plus organisés : un site internet existe et propose  la lecture de témoignages publiés quotidiennement. Autre différence fondamentale: alors que les Gilets jaunes s'affichent sans leader ni porte-parole, Théo Poulard se montre beaucoup moins frileux et n'hésite pas à donner des interviews à divers médias français.

Théo Poulard ©Côté Quimper

Le jeune homme s'est associé à un certain Laurent (qui a conservé l'anonymat sur son nom de famille), l'initiateur d'un autre groupe Facebook pour exposer le mécontentement d'une frange de la population face aux exactions de certains Gilets jaunes. Laurent s'est d'ailleurs exprimé dans une interview donnée au journal Le Monde

 Nous ne sommes pas contre les “Gilets jaunes”, qui expriment une vraie souffrance et la difficulté de vivre de son salaire, c’est contre la forme du mouvement : ce déferlement de haine, de violences, ces appels à l’insurrection.

Une marche pour la République

Le mouvement continue à monter en puissance dans l'hexagone. Ce dimanche 27 janvier,  près de 10.500 "foulards rouges" ont défilé depuis la place de la Nation jusqu'à la Bastille à Paris, pour "défendre la démocratie et les institutions" face aux violences qui ont assombri le mouvement des "gilets jaunes". Ce rassemblement a été baptisé la "Marche républicaine des libertés" et a suscité l'intérêt des partisans du président, comme Laurent qui en avait assez de voir les Gilets jaunes manifester malgré les réactions de l'État. Il exhorte la population à montrer son soutien à Emmanuel Macron, lui qui reste un partisan du président Français. 

J'ai entendu les “Gilets jaunes” interviewés sur les ronds-points dire que le président n’avait rien fait. Mettre 10 milliards d’euros sur la table, ce n’est pas rien ! 

Le ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer, s'était également exprimé sur sa présense à la manifestation en affirmant sur les ondes de RTL que "Cela va de soi, tout ce qui va dans le sens d’un soutien au président de la République, j’y serai  (...) On a besoin aujourd’hui d’entendre que l’immense majorité des Français ont envie que le pays fonctionne". Cette déclaration a suffi pour animer une vive colère des Gilets jaunes qui qualifient les membres du mouvement de "collabos" et de "petits-fils de Pétain".

À noter qu'une autre manifestation était prévue le même jour : une marche pour le climat qui fait écho à celle du 8 décembre dernier. Baptisée "l'Agora pour le climat", son but était foncièrement différent. Objectif: dénoncer l'inaction du gouvernent en matière de climat. Cette marche verte a attiré beaucoup plus d'adhérents que sa "rivale" : 80.000 participants contre 10.500 "foulards rouges".

Si on récapitule : les Gilets jaunes s'indignent des taxes du gouvernement et les "foulards rouges" ne supportent plus les violences des premiers. Avec le souci grandissant du climat, peut-être allons-nous assister à l'avènement des bonnets verts ? 

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