Défi

Arrêter l'épilation pendant un mois, voici le "Januhairy"

Les premiers mois de l’année sont ceux de tous les défis. Arrêter de boire pendant 30 jours, arrêter la viande, le sucre, etc. Plus original, le "Januhairy" fait son entrée dans la liste des "défis" mensuels.

Lancé par Laura Jackson, une jeune Anglaise de 21 ans, le "Januhairy" (comprennez "janvier poilu") invite les femmes à dire stop aux rasoirs et aux épilateurs pendant tout le mois de janvier. Elles sont nombreuses sur les réseaux sociaux (et ailleurs) à s’insurger contre l’obligation pour la gent féminine d’avoir une peau glabre en toute circonstance et pendant toute l'année. Pourquoi les femmes, qui ont naturellement des poils elles aussi, devraient forcément s'en défaire ? Loin d’être une simple bonne résolution, le défi lancé par la Britannique vise à interroger les canons de beauté et à prendre du recul sur les diktats imposés par la société.

"Ce n’est pas une campagne de haine à l’intention de celles et ceux qui ne comprennent pas qu’avoir des poils c’est normal, mais plutôt un projet pour se mettre en valeur et mieux se comprendre les uns les autres", explique-t-elle sur les réseaux sociaux. Et Laura Jackson pousse la réflexion plus loin "Ma mère m’a demandé si c’était de la paresse ou si j’essayais de prouver quelque chose. Pourquoi faudrait-il que je sois traitée de paresseuse si je n’ai pas envie de m’épiler ? Et pourquoi je devrais absolument me justifier ? ". Pas question d’attaquer, simplement de conscientiser.

 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Hi I’m Laura, the gal behind Januhairy! I thought I would write a little about my experiences and how Januhairy came about... I grew out my body hair for a performance as part of my drama degree in May 2018. There had been some parts that were challenging for me, and others that really opened my eyes to the taboo of body hair on a woman. After a few weeks of getting used to it, I started to like my natural hair. I also started to like the lack of uncomfortable episodes of shaving. Though I felt liberated and more confident in myself, some people around me didn’t understand why I didn’t shave/didn’t agree with it. I realised that there is still so much more for us to do to be able to accept one another fully and truly. Then I thought of Januhairy and thought I would try it out. It’s a start at least . . . I have had a lot of support from my friends and family! Even though I had to explain why I was doing it to a lot of them which was surprising, and again, the reason why this is important to do! When I first started growing my body hair my mum asked me “Is it you just being lazy or are you trying to prove a point?” . . . why should we be called lazy if we don’t want to shave? And why do we have to be proving a point? After talking to her about it and helping her understand, she saw how weird it was that she asked those questions. If we do something/see the same things, over and over again it becomes normal. She is now going to join in with Januhairy and grow out her own body hair which is a big challenge for her as well as many women who are getting involved. Of course a good challenge! This isn’t an angry campaign for people who don’t see how normal body hair is, but more an empowering project for everyone to understand more about their views on themselves and others. This picture was taken a few months ago. Now I am joining in with Januhairy, starting the growing process again along with the other wonderful women who have signed up! Progress pictures/descriptions from our gals will be posted throughout the month. Lets get hairy 🌵 #januhairy #bodygossip #bodyhairmovement #happyandhairy #loveyourbody #thenaturalrevolution #natural #hairywomen #womanpowe

Une publication partagée par Januhairy (@janu_hairy) le

Le message est accompagné d’un lien vers une campagne de crowdfunding qui financera un futur projet artistique et éducatif pour apprendre aux jeunes à aimer leur corps tel que la nature leur a donné.

"Répugnant", "vulgaire", "déplacé"

L’idée séduit et les posts Instagram de femmes assumant leur pilosité se multiplient. Mais le projet ne plaît pas à tout le monde et Laura Jackson a déjà dû essuyer de nombreuses critiques d’internautes qui trouvent ces quelques clichés aussi "répugnants" que "déplacés".

©Instagram

Elles sont plusieurs Instagrameuses à avoir fait de la pilosité leur marque de fabrique. C’est par exemple le cas de la mannequin et photographe, Arvida Byström qui avait été choisie par Adidas pour être l'égérie d'une collection de baskets. La courte vidéo de présentation avait donné lieu à des réactions mysogines et à des appels de consommateurs à boycotter la marque. 

Qu'à cela ne tienne, Arvida Byström n'a pas pour autant recommencé à s'épiler. La jeune mannequin n'hésite pas à mettre ses jambes velues en avant plan de ces publications. Elle aussi doit affronter le mécontentement d’une ribambelle de haters qui la trouvent vulgaire. Souvent des hommes, parfois des femmes. 

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