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Il miracolo : miracle ou cauchemar à l'italienne

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Entre politique et paranormal, Il miracolo fait la radioscopie d’une Italie désorbitée qui s’apprête à quitter l’Europe. Prémonitoire?

La première image est glauque. Un homme nu couvert de sang, à l’agonie dans une flaque noirâtre, est emmené par les membres d’une brigade d’intervention spéciale. Ou comment le planter le décor en vous mettant le cœur au bord des lèvres… Ensuite, on passe dans un vaste appartement luxueux où se préparent le Président du conseil et son épouse, attendus à une fête dans Rome. Détourné de ses obligations mondaines par un appel inattendu, l’homme qui gouverne l’Italie est reçu par le chef de l’armée qui lui annonce une découverte à faire tomber en génuflexion la moitié de la péninsule. Dans la cache où l'on a retrouvé le malheureux ensanglanté – un parrain de la mafia – on a aussi mis la main sur une statuette de la Vierge qui pleure des larmes de sang. Autour de cette madone, qui devient instantanément secret d’État, les destins vont basculer…

Mixant politique et religion, Il miracolo (le miracle) aborde des thèmes hypercontemporains. La volonté de l’Italie de gonfler ses muscles devant les injonctions de l’Europe (l’histoire se passe à la veille d’un référendum sur la sortie du pays de l’UE), la dérive de certains membres déglingués de l’Église (le prêtre Marcello est accro au sexe et pas très regardant sur la charité)…  Le tout est écrit et réalisé avec beaucoup de classe par le romancier Niccolo Ammaniti, chef de file des Cannibales – mouvement littéraire né dans les années 90 – et observateur sans pitié de la société italienne.

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