Climat

Deux tresses et un nez en trompette: Greta Thunberg, le visage de la jeunesse en colère

Cet après-midi, le "phénomène" Greta Thunberg marchera avec les élèves et étudiants belges pour le climat. Comment cette ado suédoise de 16 ans s'est imposée comme la nouvelle icône de la lutte contre le dérèglement climatique? On vous explique.

Greta Thunberg ne sourit pas. Elle préfère pincer ses lèvres, peut-être pour éviter des propos qu'elle regretterait. Son profil Instagram n'est pas celui d'une gamine de seize ans, c'est celui d'une activiste. Armé des deux inamovibles tresses, le visage poupon de la jeune suédoise est (presque) constamment fermé. Il l'est encore plus lorsqu'elle s'invite en décembre devant les négociateurs présents à Katowice, lors de la dernière COP 24 en Pologne. Pas là pour jouer la carte de l'angélisme que les "vieux" accordent souvent à l'enfance engagée, elle veut les réveiller, les secouer. Et peu importe que son auditoire soit composé de ceux qui ont notre avenir entre leurs mains... 

Le 4 décembre, face à un micro un peu haut pour elle, elle met les dirigeants du monde entier devant leurs responsabilités. "Ceci est la crise la plus grave que l'humanité ait jamais subie. Nous devons en prendre conscience tout d'abord et faire aussi vite que possible quelque chose pour arrêter les émissions et essayer de sauver ce que nous pouvons." Un discours prononcé non sans avoir aussi fait comprendre ce qu'elle pensait de ces COP. "C'est beaucoup de parlotte mais il ne se passe rien. Ça fait 24 ans et ça ne mène nulle part. Il faut qu'on se fâche, qu'on demande des comptes aux générations plus âgées pour le désordre qu'ils nous laissent et dans lequel ils s'attendent qu'on vive."

 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Greetings from Poland! #cop24

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Avec son capuchon bleu électrique, ses tresses interminables et son nez en trompette, elle ne fait même pas ses seize ans. Que disait-on alors, il y a quatre ans, quand elle débutait son combat pour la planète, rapports du GIEC sous le bras ? En avance sur son âge, au point de faire une dépression à onze ans, elle casse les oreilles de ses parents avec ses idées écolos. Quand Greta est diagnostiquée Asperger, son père producteur et sa mère chanteuse d'opéra (Malena Ernman, qui n'est pas n'importe qui en Suède) décident de mettre leurs carrières entre parenthèses. Sa lutte devient alors la leur. Ils achètent une voiture électrique, délaissent définitivement l'avion et abandonnent la viande.

Grosse colère et grève scolaire

Son combat quotidien et individuel devient public à la fin du mois d’août. Alors que la Suède, qui n'est pas le pire élève en matière d'écologie, vient de vivre l'été le plus chaud de son histoire et lutte encore contre des feux de forets dévastateurs, Greta Thunberg sèche la rentrée. Son objectif est de rester plantée devant le Parlement jusqu'aux élections du 9 septembre. Aucun des partis en campagne ne trouve grâce à ses yeux. Elle estime qu'ils négligent la situation. A la suite du scrutin, marqué par une relative montée de l'extrême droite, elle limite sa grève aux vendredis.

Sa notoriété grandit, et les invitations s’enchaînent. Elle décline parfois, refusant de prendre l'avion. Elle s'organise, souvent, ralliant par exemple Londres en voiture électrique pour fracasser les baby-boomers. "Votre silence est presque pire que tout. Le futur des générations qui viennent repose sur vos épaules. Il sera trop tard pour agir quand les plus jeunes d'entre nous seront adultes et en mesure de pouvoir prendre des décisions." Des élèves britanniques, australiens, allemands et néerlandais se joignent à elle et font l'école buissonnière le vendredi pour crier leur engagement face à leurs parlements respectifs. 

Greta Thunberg fait du bruit. Elle compte à ce jour près de 330 000 followers sur Instagram (ils n'étaient encore "que" 30 000 avant la COP 24), réseau social préféré des jeunes. Au point d'intégrer le classement des 25 ados les plus influents du monde du Times... Le 13 décembre, elle enregistre une vidéo dans les couloirs de Katowice, ralliant la jeunesse à sa cause. "Où que vous soyez, qui que vous soyez, on a besoin de vous maintenant. S'il vous plaît faites la grève du climat avec nous. Mettez vous devant votre parlement ou votre représentation locale, même si c'est un court instant, pour leur dire qu'on veut de l'action pour le climat."

Message reçu 5/5 par les élèves belges qui, pour le septième jeudi d'affilée, sècheront les cours pour marcher à Bruxelles et dans les grandes villes du pays. En compagnie de Greta cette fois.

 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

It’s a long way from Stockholm to Brussels...

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