Bains publics : la vie en bleu

Teaser

Bains publics offre une plongée dans la piscine des Marolles, là où les populations bruxelloises se mêlent sans distinction de classe.

La piscine de la place du Jeu de Balle est un endroit culte à Bruxelles. Au cœur du quartier des Marolles, elle accueille chaque mois des milliers de Bruxellois. En maillot de bain, les distinctions sociales s’effacent et les classes se mélangent dans un joyeux brouhaha. Après avoir rendu hommage au documentariste André Dartevelle dans Une vie contre l’oubli, la réalisatrice Kita Bauchet explore ce lieu de vie particulier dans Bains publics, un huis clos social (les scènes extérieures sont filmées depuis le toit de la piscine) où plusieurs personnages se livrent avec pudeur et émotion. Les plus démunis viennent y prendre des douches, les autres viennent se baigner, seuls, entre amis ou en famille. “Je voulais rendre hommage au Bruxelles que j’aime, une ville populaire avec des accents brusseleer mais aussi une mixité sociale, générationnelle et culturelle. En cherchant un lieu qui représentait tout ça à la fois, j’ai pensé à la piscine des Marolles”, explique la documentariste.

Construite en 1953, la piscine accueille depuis ses débuts les habitants du quartier dont les logements ont été construits sans sanitaires. Plusieurs personnes âgées continuent donc à se rendre dans ces douches publiques (tenues par Viviane, véritable fil conducteur du film) pour y faire leur toilette. Naturellement esthétique – une piscine, c’est bleu et symétrique -, Bains publics est un documentaire lumineux, aussi bien au niveau de son image que de son contenu. Sans être intrusive, la caméra de Kita Bauchet filme les corps sans voyeurisme : “Tout l’enjeu de ce film, c’était de savoir à quelle distance on approchait les gens; finalement la meilleure distance a été celle que les gens m’ont donnée”, explique-t-elle. Convaincu ? Il ne reste plus qu’à plonger.

Plus de Médias

Les plus lus

Notre Selection