Le décryptage

Mais qu'est-ce qu'il y a dans ce pacte migratoire ?

La Belgique ne va rien «signer» à Marrakech. Le pacte de l'ONU est non contraignant juridiquement. Ce qui ne l'empêche pas de viser des objectifs suffisamment concrets pour faire peur à la N-VA.

Entre la fin du mois de septembre, où Charles Michel annonce publiquement que la Belgique prendra part au nouveau projet de texte de l’ONU sur la migration, et le moment où Theo Francken annonce que son parti ne signera pas, plus d’un mois s’écoule. À quelques semaines de l’échéance, le parti nationaliste s'est réveillé. Selon lui, le pacte est trop contraignant pour la Belgique.

Qui vise-t-il ?

Déjà, il ne vise pas les réfugiés qui fuient les persécutions dans leur pays d’origine et ont donc besoin d’une protection d’un autre État. Il promeut davantage l’idée que la migration, peu importe sa raison, doit être encouragée, autorisée et protégée. En signant, les États s’engagent à respecter le plus d’objectifs possibles ou, du moins, de tout mettre en œuvre pour que la plupart d’entre eux soient remplis.

Juridiquement non contraignant, ce document conclu en juillet à New-York après des mois de négociations est le premier du genre sur ce sujet. L’ancien Président de l'Assemblée générale, Miroslav Lajčák, qui a fait de la migration une pierre angulaire de son mandat, a souligné en juillet que le Pacte « n'encourage pas la migration et ne cherche pas à l'arrêter ». Selon lui, le Pacte « ne dicte pas. N'impose pas. Et respecte pleinement la souveraineté des États ». Il recense des principes essentiels, comme la défense des droits de l’homme, des enfants, la reconnaissance de la souveraineté nationale, etc. Il contient également une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations en facilitant l’information, l’intégration des migrants, l’échange d’expertises...

Quels objectifs?

Parmi ces propositions, on retrouve également le lancement d’un site web national accessible à tous et censé «centraliser et mettre à disposition des informations sur les options de migration régulière, telles que les lois et les politiques d’immigration spécifiques à un pays». Les 22 autres objectifs vont dans le même sens avec une double volonté: ouvrir les frontières aux migrants et les informer aussi correctement que possible sur l’endroit où ils pourraient s’installer.

Ce document concerne les 225 millions de migrants dans le monde. Il vise aussi à démontrer les aspects positifs de la migration, quand elle est encadrée. C'est que, en raison des bouleversements économiques et climatiques, la mobilité humaine est inéluctable. Il est donc essentiel de s'y préparer. Le réveil tardif de la N-VA est d'autant plus étonnant que, dès 2017, l'administration de Donald Trump avait quitté les discussions. Depuis, de nombreux pays ont mentionné leur intention de retrait... Pourtant le texte est clair «Il est crucial que la migration internationale nous unisse plutôt qu’elle nous divise».

Vous pouvez retrouver le document ici.

 

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