Musique

Anna Calvi, les yeux revolver

Dans la lignée de PJ Harvey, la chanteuse secoue le rock et les clichés. Sans contrefaçon.

Cinq ans après “One Breath”, l’Anglaise aux yeux azur dégaine “Hunter”, un troisième album imaginé autour d’une idée fixe: “Ici, j’envisage la femme comme une chasseuse, explique Anna Calvi. Parce qu’en réalité, le rapport est inversé. Dans nos sociétés, ce sont les hommes qui chassent les femmes et ce, dans tous les domaines”. Après une collaboration avec David Byrne, quelques musiques pour le cinéma et l’opéra, la chanteuse s’entoure cette fois de la garde rapprochée de Nick Cave. Le producteur Nick Launay est aux manettes, Martyn Casey (The Bad Seeds) à la basse et Adrian Utley (Portishead) aux claviers. “J’ai écrit “Hunter” juste après avoir quitté ma copine. Les chansons parlent de moi. Mais elles témoignent aussi d’une période chamboulée par l’affaire Weinstein. À l’époque, il y avait de l’électricité dans l’air. J’ai essayé de capter cette tension lors de l’enregistrement.

La voix perchée sur des arrangements  nerveux et sophistiqués, Anna Calvi flingue les clichés associés au sexe (As A Man, Chain). “Ce disque touche à des sensibilités que je partage avec des gens comme Perfume Genius ou Christine And The Queens,  indique-t-elle. En 2018, nos comportements sociaux ne peuvent plus être déterminés par notre genre.” Manifeste sensuel, tantôt théâtral et libertin, “Hunter” traque le modèle patriarcal avec un fusil chargé de dix cartouches: des morceaux rock et explosifs pour combattre les stéréotypes avec élégance, mais sans violence.

Anna Calvi - Hunter (Domino/V2 Records)
En concert le 25/10. Botanique, Bruxelles.

Recevez le meilleur de l'actu selon