Des centaines d’Argentins se font débaptiser après le rejet de la dépénalisation de l'avortement

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Sous la pression de l'Église catholique, le Sénat avait finalement rejeté dans la nuit du 8 au 9 août dernier la proposition de loi qui visait à rendre l'avortement légal et gratuit. 

Le 14 juin, les députés argentins ont approuvé, par 129 voix contre 125, la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse en Argentine. Le mercredi 8 août, ceux du Sénat ont voté majoritairement contre. Entre les deux votes, une forte mobilisation des mouvements religieux contre une telle dépénalisation a fait négativement pencher la balance. Le projet de loi avait donné énormément d'espoir à un pays gangrené par les IVG clandestines et tenait en haleine de nombreux Argentins. Preuve de l’intérêt suscité auprès de la population : des centaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées à Buenos Aires et dans les principales villes du pays pour suivre les seize heures de la discussion au Sénat. Inutile de dire que la déception a été à la hauteur des attentes.

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Et après la déception, c’est la colère envers la très puissante Église catholique qui anime désormais une partie de la société civile. Alors que les derniers sondages montrent que la société argentine a changé et est désormais majoritairement favorable au droit à l’IVG, le clergé catholique et les Églises évangéliques ont donc réussi à faire changer le vote des sénateurs. En représailles, des centaines de personnes sont venues ces derniers jours remplir un formulaire d’apostasie, c’est-à-dire de renoncement à l’Église catholique. C’est ce que rapporte le quotidien français Le Monde.

Des foulards oranges pour une vraie séparation entre l'Église et l'État

"Les lettres d’apostasie recueillies seront remises, le 24 août, à la Conférence épiscopale argentine, au cours d’une cérémonie présidée par Nora Cortiñas, 88 ans, présidente des Mères de la place de Mai-Ligne fondatrice, qui luttent pour faire la lumière sur le sort de leurs enfants pendant la dictature", écrit notamment le journal français. Autant d’Argentins qui ne pardonneront pas au pape François d’avoir comparé les IVG à l’Holocauste, tandis que des prêtres avaient également menacé d’excommunion les législateurs qui voteraient le texte.

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Ce samedi 18 août, des centaines de personnes portant des foulards de couleur orange se sont par ailleurs rassemblées sur la célèbre avenue Corrientes, en plein centre de Buenos Aire, pour demander une réelle séparation de l’Église et de l’État. Le train de l'Histoire est en marche et il est probable que la dépénalisation et la légalisation de l’IVG ne soient plus qu’une question de temps en Argentine, note encore le quotidien.

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