Éoliennes en mer du Nord : les cinq choses à savoir

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Avec la mise en production du cinquième parc éolien belge en mer du Nord, les éoliennes belges, qui se trouvent notamment au large de Zeebrugge et au nord d’Ostende, fournissent désormais de l'électricité à un million de ménages.

La Belgian Offshore Platform, qui est la structure réunissant les principaux partenaires qui investissent dans l'éolien offshore en Mer du Nord belge, n’a pas manqué de communiquer ce vendredi sur l’évènement : le cinquième parc éolien offshore national est désormais aux deux tiers opérationnel. Dénommé Rentel, le parc situé environ 40 km au large d'Ostende fait ainsi passer la capacité éolienne totale en mer belge à 1.119 mégawatts (MW). Au final, notre pays se place depuis plusieurs années dans le top cinq des pays européens qui produisent le plus d’énergie. On fait le point :

5% de l’énergie totale consommée en Belgique

Avec une capacité éolienne totale en mer belge de 1.119 mégawatts (MW), c’est pas moins d'un million de ménages qui peuvent être ainsi fournis en électricité. Ce qui représente un quart des familles du pays. Beaucoup ? "Les ménages en Belgique, cela représente 25% de l’électricité consommée. Cela représente donc ici 4 à 5% de la consommation d’électricité. Un million de personnes, ça semble faire beaucoup, mais il faut voir le chiffre qui se trouve derrière. En puissance, on peut dire que cela produit actuellement autant d’énergie qu’un réacteur nucléaire comme Doel 4. On parle de puissance, pas de capacité sur l’année. Contrairement à Doel 4, il y a des moments de production moindre à cause du manque de vent", nuance Damien Ernst, spécialiste des questions énergétiques à l’uLiège. Reste que ces trois prochaines années, trois parcs éoliens avec de meilleures turbines vont venir s'ajouter, ce qui doublera la capacité. Et permettra de répondre bientôt à près de 10% des besoins du pays. "10%, c’est quand même pas si mal que cela !", ajoute l’expert liégeois.

BELPRESSParc éolien belge © Belga Image

Un secteur qui génère de l’emploi

La Belgian Offshore Platform le promet en tout cas : la croissance du secteur éolien devrait permettre de générer, entre 2010 et 2030, entre 15.000 et 16.000 emplois directs et indirects en Belgique, en Europe et à l'international. Chaque secteur est néanmoins pourvoyeur d’emplois et il est difficile de connaître avec précision le nombre d’emplois déjà créés. Selon le secteur, cette industrie en pleine expansion entraîne la création de jobs dans tous les domaines d’activités tels que la recherche, le développement, la construction des fondations et des plates-formes marines de transformation, l’installation des éoliennes et leur entretien. Des emplois qui sont donc en grand partie qualifiés.

La Belgique dans le top mondial

C’est assez rare pour être souligné : notre pays ne tutoie actuellement pas les sommets qu’en football, mais également en matière de production éolienne offshore. La Belgique se place ainsi en 6ème position mondiale en ce qui concerne la capacité d’offshore installée et en 4ème position si l’on considère la capacité par habitant. Excusez du peu ! "Nous pourrions bientôt être dans le top 3 en termes de production en Europe. On peut vraiment être fier", s’enthousiasme pour sa part le secrétaire d’État à la Mer du Nord Philippe De Backer (Open VLD).

BELPRESSÉoliennes belges © Belga Image

Un parc d’éoliennes très peu connu

Qui sait finalement que la Belgique possède un parc éolien offshore aussi important ? Poser la question, c’est déjà y répondre. Et si la Belgian Offshore Platform (BOP) a fait disposer ce vendredi sur la plage d'Ostende 15.000 moulins à vent en papier formant ensemble le nombre "1.000.000" (pour un million de ménages fournis), c’est justement pour sensibiliser le grand public à l'énergie éolienne en mer. « Les parcs éoliens étant situés à une grande distance de la côte, peu de gens réalisent que nous produisons déjà une grande quantité d'électricité verte en mer du Nord belge".

Une énergie très chère à produire

Ce n’est finalement peut-être pas une bonne nouvelle que la Belgique soit si bien placée dans en termes de production éolien offshore. En cause : le coût très élevé d’installation. C’est ce qu’explique Damien Ernst. "Est-ce que c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle d’être si bien placé dans les classements ? Je ne suis pas sûr que ce soit si bien que cela. Pourquoi ? Parce qu’on est sans doute aller trop loin et trop vite et on a payé trop cher. Ces éoliennes-là, c’est 120 euros par mégawatt/heure. Maintenant, les prix pour l’offshore, on pense que quand on aura atteint 2020, cela tombera à 40 ou 50 euros par mégawatt/heure. Le fait d’avoir été si vite veut dire qu’on a payé beaucoup plus cher", explique le spécialiste. « Cela a laissé moins de moyens pour autre chose pour la transition énergétique. Je pense que pour la planète, pour le climat, pour les émissions de CO2, sachant que vous travaillez à budget constant, c’est parfois mieux de postposer les investissements, d’attendre que les prix chutent et puis d’acheter. Et vous pouvez alors acheter trois fois plus». Du côté du secteur, on est bien conscient de la cherté de cette énergie (dont le coût est pris en charge par le contribuable), mais on assure que "l’éolien offshore présente de nombreux avantages, qu’ils soient environnementaux ou socio-économiques". 

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