Pourquoi les guêpes sont un bienfait pour l’écosystème

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En raison de l’été caniculaire, le nombre de guêpes pourrait augmenter dans les prochaines semaines. Au lieu de s’en irriter, il faut s’en réjouir  : les guêpes nettoient notre environnement d’une grande quantité de moustiques, mouches et pucerons. Retour sur un insecte qui n’est pas apprécié à sa juste valeur.

Que ce soit durant votre barbecue, votre apéritif du soir ou votre pique-nique du dimanche: l’arrivée des guêpes ne fait jamais plaisir. Elles sont généralement attirées par l’odeur sucrée de vos boissons tandis que vous ne rêvez que d’une chose : les chasser à tout prix. Mais si les guêpes dérangent parfois lorsqu’elles s’approchent trop de nous, elles ne méritent pas leur mauvaise réputation. Au contraire. Ces chasseurs d’insectes jouent un rôle crucial de régulation au sein de l’écosystème. En 24h, un nid de guêpes peut tuer jusqu’à 80.000 mouches, moustiques, cochenilles ou encore pucerons. 

« Une guêpe peut tuer 1,5 insecte tous les heures  et un nid tue donc 80.000 insectes en 24h. Cela se passe lors de la période estivale où la colonie est en phase de multiplication importante, où il y a beaucoup de jeunes larves qui sont nées et qu’il faut donc nourrir. On peut tout à fait imaginer 5.000 insectes mis à mort par heure par une colonie de guêpes », explique François Verheggen, entomologiste à uLiège.

Au final, les guêpes ne font pas la fine bouche et leur menu est assez varié. En plus des mouches et des moustiques, s’y retrouvent les pucerons, les cochenilles, mais aussi parfois quelques papillons et sauterelles. Mais pas les abeilles. «  C’est un insecte totalement bénéfique et très important dans notre écosystème, car il va permettre de réguler les populations de toute une série d’autres insectes. Les guêpes ne détruisent pas la biodiversité. Elles sont rarement en nombre suffisant pour pouvoir mettre à mal des populations d’insectes, mais oui, elles nettoient. Elles vont entre autres s’attaquer à des insectes que vous ne voulez pas voir dans votre jardin  », insiste le scientifique.

Des animaux vraiment agressifs ?

Les abeilles qui piquent y laissent leur peau. Elles vont donc forcément réfléchir à deux fois avant de sortir leur dard. Résultat : elles ne piquent généralement qu’à proximité de leur colonie. La guêpe dispose au contraire de la possibilité de se défendre plusieurs fois. Mais la fabrication de venin lui coûte de l’énergie et reste également une opération risquée. Elle ne piquera donc seulement que si elle se sent en danger. Les gestes brusques pour la chasser sont en ce sens une très mauvaise idée. « Pas plus tard qu’il y a quelques jours, ma fille a été confrontée à une guêpe et a eu la bonne idée de bouger lentement son bras, sans geste brusque, sans s’affoler et crier dans tous les sens. Elle a eu le bon réflexe et tout s’est très bien passé. Les gens considèrent évidemment les guêpes comme des animaux désagréables, car ils ne connaissent pas leur rôle important de régulateur d’indésirables. Ils ne retiennent que la guêpe qui tourne autour de leur soda», remarque François Verheggen.

Une espèce qui n’est pas menacée

Aucun inventaire de guêpes n’a été réalisé en Wallonie ces dernières années. Mais les informations venant de Flandre sont rassurantes quant à la situation de l’insecte dans nos contrées. L’association Natuurpunt qui suit la population de près n’observe pas d’évolution dans un sens ou un autre. Il existe évidemment des années plus ou moins propices pour le développement des guêpes. Un climat hivernal doux couplé à des températures plutôt chaudes durant l’année aura un impact positif sur le nombre de colonies. « J’aurais tendance à ne pas considérer cette année comme une année à guêpe, car il faut un printemps qui soit précoce », indique le scientifique de uLiège. Contrairement aux abeilles, les guêpes ne sont pas par ailleurs directement exposées aux nicotinoïdes. C’est sur les plantes qu’est aspergé ce dangereux insecticide. En allant butiner, l’abeille est alors mortellement empoisonnée.

Où trouver les nids de guêpe  ?

« Les nids ne répondent pas à de grands critères : il faut un endroit protégé du vent, placé en hauteur et à l’abri des rayons directs du soleil.  Vous allez les trouver à des endroits assez variés, souvent près d’un massif de plantes. La reine essaie en effet de placer sa colonie là où il y a beaucoup d’insectes. Si vous en découvrez une, je dis toujours de se poser la question  : est-ce que ce nid vous gêne ? Si ce n’est pas le cas, ne le détruisez pas. Les guêpes ne viendront pas s‘allier un soir pour vous attaquer en masse ! Et si on fait retirer ce nid car il est oppressant, on ne le fait pas soi-même. C’est dangereux. Une dizaine de piqûres peut conduire à des problèmes cardiaques. On fait donc venir les pompiers ou on se tourne vers une société spécialisée », explique l’entomologiste.

Gare aux frelons asiatiques  !

Les frelons ne sont finalement que des grosses guêpes. Les individus sont moins nombreux par colonie mais tuent chacun plus d’insectes. L’opération de nettoyage de l’écosystème est donc similaire. Du moins si on parle bien de l’espèce belge, le frelon japonais étant beaucoup moins sympathique. « Le frelon asiatique est une espèce extrêmement invasive que l’on voit de plus en plus en Belgique. Physiquement, il ressemble fort au frelon européen. Il a exactement la même taille, mais il est beaucoup plus noir. Contrairement aux frelons européens, il est très agressif envers les abeilles. Toute une colonie peut mourir quand il a tué un grand nombre d’abeilles. »

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