Les Berlinois veulent une ville sans pub

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Un collectif de citoyens se mobilise pour éliminer la publicité de l'espace public berlinois. Leur pétition rassemble déjà 40 000 signatures.

Elle est tellement partout qu'on n'y prête même plus attention. La pub a envahi l'espace public, couvrant facades, murs, vitrines et transports en commun. En moyenne, on estime qu'une personne est confrontée à environ 2500 messages publicitaires par jour. C'est cette boulimie publicitaire qui a poussé plusieurs habitants de Berlin à créer le groupement citoyen Berlin Werbefrei (Berlin sans pub)."Les messages publicitaires sont omniprésents dans les zones urbaines. Le design de la ville se superpose à la publicité et à l'espace public de plus en plus commercialisé. En conséquence, notre ville perd son visage individuel. La numérisation prévue de plus de 1 000 systèmes de publicité à compter de janvier 2019 intensifiera ce développement", estime le collectif. Sur son site, il propose plusieurs photos "avant/après", permettant d'imaginer à quoi ressemblerait Berlin sans ses publicités.

Ce vendredi 13 juillet, le groupe va remettre aux autorités de la ville une pétition de 40 000 signatures demandant "une ville sans pub". Plus concrètement, ils exigent l'adoption d'une loi locale qui interdirait l'affichage publicitaire dans les espaces et bâtiments publics de la capitale allemande. "Des affiches pour des événements culturels, politiques, sportifs ainsi que pour l'intérêt public continueront d'être disponibles dans les colonnes publicitaires, les espaces culturels et les arrêts de bus. La publicité de produit est uniquement autorisée sur le lieu d'exécution (par exemple, magasins, restaurants)", précise le groupe.

Le seuil des 20 000 signatures était nécessaire pour que les autorités étudient cette proposition de loi. Elles examineront donc la proposition citoyenne et la soumettront aux élus municipaux. En cas de refus, 175 000 signatures seront alors nécessaire pour forcer l'organisation d'un referendum.

Le collectif s'oppose particulièrement à la publicité aux abords des crèches, écoles et universités, estimant que celle-ci "met en péril la neutralité et l'indépendance des établissements d'enseignement public". Il accuse aussi la pub de véhiculer "des modèles douteux" et de réduire les femmes à "des objets".

En Europe, seule Grenoble a franchi le pas dans cette direction, devenant la première ville européenne a bannir la publicité en novembre 2014, lorsque le maire Eric Piolle décide de ne pas renouveller le contrat qui lie la ville à l'afficheur JCDecaux. Les panneaux publicitaires ont alors été remplacés par des annonces propres à la ville ou... des arbres.

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