Hugues Dayez et Rudy Léonet - Animateurs à la demande

Teaser

Rudy Léonet et Hugues Dayez proposent leurs services en live lors de séances critiques très spéciales: les COD. On y était.

 Pleine à craquer, et ce malgré la vingtaine de sièges installés en renfort, la salle principale du Cinéma Plaza de Mons vrombit sous les applaudissements. Pourtant, ni Tom Brady, ni Katy Perry ne sont de la partie. Au programme de la soirée, un projet bien de chez nous: la Critique On Demand. Déclinaison IRL d'une idée un peu loufoque lancée sur l'antenne de Pure FM au cœur de l'émission 5 Heures de Hugues Dayez et Rudy Léonet et qui a tout de suite trouvé son public.

Le principe est simple: installé sur la scène, smoking et turban sur la tête, le Monsieur Cinéma de la RTBF critique des films à la demande du public, dans n'importe quel registre, du pointu aux blockbusters, du récent au trente ans d'âge. DeLa mélodie du bonheur à Un prophète.

"Tout a commencé au printemps dernier avec un film que je n'avais pas eu le temps de voir, Jack et la mécanique du cœur, et une critique que je n'ai donc pas faite dans le 5 Heures, souligne Hugues Dayez. C'est une production franco-belge et du coup, le soir, j'ai reçu un mail d'une personne qui avait bossé sur le projet qui aurait bien voulu connaître mon avis sur ce long métrage d'animation. Ça m'intéressait, alors je l'ai rattrapé et ai raconté l'anecdote à l'antenne la semaine d'après en donnant mon opinion sur Jack et la mécanique du cœur, qui heureusement pour lui était vachement bien."

Sur ce, Rudy Léonet - directeur de Pure FM et ami de longue date qu'il vouvoie pourtant à l'antenne pour éviter les "private jokes" alors que l'émission en est truffée - se marre. "J'ai tout de suite dit: mais quoi, tu fais de la critique on demand maintenant, on t'appelle et tu donnes ton avis? C'est pratique d'avoir l'expertise d'un journaliste à disposition." Sur un malentendu...

Les suggestions des auditeurs affluent dans ce sens, et hop!, le concept est lancé. Aussi simple que ça. "Mais c'est un peu comme tout ce qu'on a toujours fait: du hasard. On n'aurait jamais imaginé un tel projet, et surtout on n'aurait jamais pensé que les gens allaient être si emballés." Pourtant, la COD servie en deuxième heure d'émission est un outil intéressant. "En cas de semaine de disette filmographique, je n'ai pas envie de résumer l'émission à cracher dans la soupe, l'exercice est amusant, mais le but de 5 Heures, c'est bien de donner l'envie aux auditeurs d'aller voir des films. C'est pratique de pouvoir sortir du carcan de l'actualité tout en restant dans le thème", ajoute Hugues Dayez. Ravis, les fans du programme envoient des mails avec leur sélection personnelle. Une petite liste d'envies de critiques. "Même si j'ai du mal à comprendre que ça amuse certaines personnes d'avoir mon avis sur un film qu'ils ont eux-mêmes déjà vu, disons que ça sert aux autres auditeurs."

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Une chronique agréable dans une émission très suivie, du haut de ses 19 ans et demi d'existence. Les tribulations d'une adulescente turbulente et énergique et de ses nombreux potes. C'était compter sans la sortie du livre anniversaire en préambule des vingt ans du programme: Recommandé par 5 Heures, une véritable bible qui compile des entretiens avec ces deux journalistes et des centaines d'heures de bandes débobinées pour l'occasion. De quoi confirmer le lien quasi indéfectible avec leurs auditeurs, celui qui assoit l'audience de l'émission dans un fauteuil confortable avec près de 1.250.000 podcasts l'an dernier, mais surtout qui permet quelques grands écarts et de nombreuses digressions, comme à leur habitude.

Tiré à mille exemplaires, le bouquin s'écoule vite. Tant et si bien qu'une séance de dédicaces est prévue au programme de la promo made in RTBF. "On n'avait pas spécialement envie de s'asseoir dans un fauteuil et de signer une ribambelle de livres, on trouvait ça pauvre et présomptueux. Peut-être qu'on avait aussi peur que personne ne vienne..., commente le Monsieur Cinéma. Du coup on s'est dit que ça pourrait être sympa de transposer la Critique On Demand en vrai, dans une salle de cinéma, et de coupler ça avec une avant-première." Autant s'assurer un maximum pour éviter de se retrouver comme deux ronds de flan, face à trois pelés. Jamais trop prudent.

"L'envie était aussi de sortir de Bruxelles, d'aller là où se trouve un public qu'on ne croise pas souvent, à Louvain-la-Neuve en l'occurrence, dans un complexe à taille humaine. On a réfléchi à tout, avec Céline Cocq." Un spot "promo" enregistré plus tard et voilà nos deux comparses au micro de leur 5 Heures, qui annoncent l'événement. Le lendemain, la salle du Brabant wallon affiche déjà complet. "J'avoue qu'on était un peu hallucinés, on n'a même pas eu le temps de diffuser notre pub à l'antenne pour ramener du monde", ajoute Léonet. Le public de l'émission est ravi de rencontrer ses animateurs pour discuter, entendre Hugues Dayez critiquer en direct, tenter de le coincer avec des courts métrages improbables et regarder Rudy Léonet faire le show. "On a fini à boire des couilles de singe en petit comité tard dans la nuit." L'engouement est là. Recommandé par 5 Heures, quant à lui, est tiré une deuxième fois, puis une troisième. Un drôle de petit phénomène.

Face à la demande, la Critique On Demand en live est également réitérée, à Namur, puis ce soir, à Mons. Sold out en 48 heures, encore. "Même s'il ne s'agit que de 150 à 250 personnes à chaque fois, ça nous étonne toujours autant d'attirer des gens dans notre grand bordel." Pourtant, tous les éléments qui participent au succès de l'émission 5 Heures se retrouvent en direct. Comme les private jokes, si typiques.

La preuve avec des "habitués" du COD comme un certain Grand Schtroumpf, ainsi renommé par Rudy Léonet à cause de sa grande barbe blanche et du pull bleu qu'il portait lors de la première édition, qui, venu pour la troisième fois ce soir, salue l'animateur comme la princesse Mathilde. Mais aussi un jeune homme ultra-préparé qui sautille sur son fauteuil pour proposer des films à critiquer à Hugues Dayez. Lui, extatique, se verra affublé du surnom Guillaume Gallienne par Rudy, en raison d'une forte ressemblance avec l'acteur. Et choisi, parmi les nombreuses mains qui s'agitent en l'air. Un exercice de critique qui durera une heure, montre en main, après un apéro et avant l'avant-première de A Most Violent Year.

Installé dans son fauteuil sur scène, tel un sultan bizarroïde, Hugues Dayez s'éclate à se souvenir d'un maximum de détails des films proposés. Une mémoire qui semble presque infaillible. "Je n'ai pas cette prétention, pour être franc, je ne me souviens que des choses qui m'intéressent, ça a toujours été comme ça. Quand j'étais gosse, je lisais les critiques de films dans le journal de mon père de A à Z, et je n'oubliais rien. Alors que la plupart du temps il me faut quelques séances avant de retenir le prénom des gens que je rencontre..."

Et ça, c'est le domaine de Rudy Léonet. Infaillible quand il s'agit de passer le micro à René, croisé cinq minutes il y a deux mois de ça, de faire les transitions et de faire marrer le public. "Sans Rudy, je n'aurais jamais pu mener ce projet, je me sentirais bien seul sur mon estrade. Les gens se feraient chier, 'y a pas de doute là-dessus." Et là, au vu du niveau sonore des applaudissements, c'est loin d'être le cas.

 

Prochaines dates des COD

Lundi 30/3, Les Grignoux, Liège.

Mardi 5/5, Ciné Le Parc, Charleroi.

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