Remplacement des F16 : Steven Vandeput vacille

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Alors que le ministre de la Défense remet de l'ordre dans son cabinet, l'achat des nouveaux avions est à nouveau au centre de la polémique... et quatre responsables de l'armée font un pas de côté.

Complexe. Tendu. Politique. Le dossier du remplacement des F16 a déjà trébuché à de nombreuses reprises (Offre française, manque de compensation pour les industries belges, chef de cabinet adjoint du ministre de la Défense viré, rapports cachés... ). Une nouvelle mine le brise à nouveau dans son élan. Deux rapports qui évoquaient le prolongement possible des F16 ont été rendus publics. L'un datait d’avril 2017 et l'autre du 12 février 2018. Ils provenaient tous les deux du constructeur militaire Lockheed Martin. Ce sont les gestionnaires de la flotte qui avaient commandé ces rapports afin d'avoir un état des lieux de la santé des F16 et leur possible prolongation.

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, a reconnu « une erreur d’appréciation majeure ». Il n'a pas reçu «  les rapports ». Ni lui, ni le chef de la Défense, ni le général Compernol. Dont acte, plusieurs responsables militaires ont commis une faute selon lui ! Des sanctions devront tombées. Quatre hauts responsables de l'armée ont fait un pas de côté dont le général Frederik Vansina, commandant de la Force aérienne belge, et le colonel Harry van Pee. De son côté, le ministre a reçu un timide soutien de son président de parti.


Pour rappel, dans la procédure d'achat en cours...les deux derniers avions que le gouvernement belge pourrait acheter sont le F-35 de Lockheed Martin et l’Eurofighter. Lockheed Martin apparaît donc à deux niveaux différents. Un sérieux problème se pose donc au sein des services de l'armée. Si la démission de Steven Vandeput a été évoquée, elle n'est plus à l'ordre du jour. Aucun parti de l'opposition ne la demande explicitement et le Premier ministre a pris le temps d'écouter le ministre concerné. Reste que cet imbroglio pourrait amener à la suspension de l'achat et peut-être au retour inespéré (pour lui) de l'avion français, le Rafale dans la course. Même si le ministre de la Défense ne souhaite pas arrêter la procédure en cours.

 

Un achat indispensable

Pour le ministre, cet achat de nouveaux avions est en effet indispensable et il avance plusieurs raisons : plus on attendra plus cela coûtera cher, nos pilotes sont en danger face à des avions plus modernes comme les furtifs, le coût de modernisation des F16 serait de près d'1 milliard...
Une somme quand même conséquente pour « une simple mise à jour » lorsqu'on sait que l'achat des nouveaux avions représente un investissement de 3,6 milliards pour l'achat et 15 milliards pour l'ensemble du programme.
L'industrie aéronautique belge n'est pas non plus pour l'arrêt de la procédure d'achat ou l'achat d'avions d'occasion.  Pour ces représentants (Air Combat Capability Program), la Belgique et le développement de son secteur aéronautique ont un besoin vital d'un nouvel avion tant pour la recherche que pour la création d'emploi. Un discours qui se veut franc et qui entend permettre le développement du secteur avec de nouveaux débouchés pour la maintenance, la réparation des matériaux composites et l'intégration des nouvelles technologies dans l'aviation militaire et civile.

Des arguments de poids que l'opposition, socialiste et écolo, notamment, balaie en rappelant qu'avec une telle somme, on peut mettre en place d'autres politiques en attendant et relancer un nouvel appel d'offres. Un argument que l'on peut entendre...mais qui ne durera qu'un temps puisqu'il faudra un jour quand même remplacer les F16 si la Belgique veut garder son rang au sein de l'Otan.

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