Meurtre sur le ring de Bruxelles

Teaser

Dans Ring Est, Isabelle Corlier prend le prétexte d'un suspens où le coupable avance démasqué pour croquer le portrait de Bruxelles, ville cacophonique et neurasthénique. A découvrir.

Pour un critique, faire le pitch d'un polar n'est jamais chose aisée. Faire celui de Ring Est, premier roman d'Isabelle Corlier, n'est vraiment pas un cadeau. Oui, le livre de cette débutante vaut le détour. Oui, l'histoire qu'elle imagine vous serre dès les premières pages. Et non, on ne sait pas trop quoi en dire sans confisquer le charme de la lecture et spoiler un suspens autour d'un meurtre dont on connaît pourtant le coupable.

On sait qui a défoncé le crâne de Nadir Abennaïm à coup de club de golf - on a assisté à la scène. Elle a eu lieu dans le noir du soir sur un parking, près de la forêt de Soignes, pas loin du ring de Bruxelles. Chargé de l'affaire, le jeune juge Audry Dabancourt, jusqu'ici magistrat exemplaire, va devoir téléguider le dossier jusqu'au jour où il apprend qu'un témoin (mais pas le lecteur) aurait tout vu des agissements du meurtrie.  

Dans un mouvement de balancier qui pousse le coupable à passer d'un masque à l'autre, Ring Est réussit à pousser son niveau de suspens à hauteur d'homme, l'intrigue policière se doublant du portrait d'un homme - Dabancourt - qui élève seul sa petite fille après la mort de son épouse. Traitant en arrière-fond de thèmes très contemporains (ces ados qui posent nues pour leur petit copain et qui se retrouvent sur tous les smartphones), Ring Est est aussi un roman d'ambiance où Bruxelles tient un rôle central. On y entend le vacarme d'une métropole asphyxiée par la circulation et traverse des artères qui, entre coolitude bobo et hystérie eurocrate, raconte le quotidien d'une capitale dont on peut affirmer, en fermant le livre, qu'elle est tout sauf une ville tranquille. Un premier essai récemment couronné du premier Prix Fintro Ecritures Noires.

Ring Est

 

 

Plus de Aucun nom

Les plus lus

Notre Selection