CSA: le bureau des plaintes

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Suite aux récents propos de Christophe Rochus lors de la finale dames de Roland-Garros, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) aura décidément été mis à contribution ces dernières semaines. Mais qu'est-ce qui se cache finalement derrière cette instance ? 

«Vous croyez qu'elle a mouillé sur le dernier ou pas ?». Sortez une phrase de son contexte et le monde s'emballe. Christophe Rochus en a fait les frais ce samedi lors de la finale dames de Roland-Garros. Sur la balle de match de Jelena Ostapenko, l'ancien tennisman était loin d'imaginer le tollé que ses propos allaitent susciter. Car si « mouiller » dans le jargon tennistique voudrait dire « paniquer », l'expression n'a pas été comprise de la sorte par l'ensemble des téléspectateurs. L'ainé des frères Rochus s'est d'ailleurs excusé sur la page Facebook RTBF Sport.

Michel Lecomte, directeur des sports de la RTBF, s'est excusé publiquement de l'incartade de son consultant. « C'est une carte jaune qui lui est adressé. C'est aussi l’occasion de faire le point avec nos consultants sur leur rôle de rendre le sport accessible au plus grand nombre. L'utilisation de ce jargon tennistique auprès du grand public était une maladresse de sa part.»
Toujours est-il que le mal était fait et que cinq plaintes ont été envoyées au CSA. L'instance a été beaucoup sollicitée ces derniers temps entre le canular homophobe de Cyril Hanouna ou encore les propos discriminatoires d'Alain Simons vis-à-vis des gens du voyage. Dans l'émission « Charleroi Matin », en novembre 2016, ce dernier avait incité les auditeurs à se méfier des Roms présents dans la région : « Faites attention, on sait jamais, fermez bien les portes. Si vous avez des trucs volables chez vous, prenez vos précautions.» La RTBF avait immédiatement réagi et suspendu l'animateur durant une semaine. Mais trois plaintes adressées au CSA ont prolongé cette affaire et la RTBF a été sanctionnée en mai dernier. Le média de service public devra faire lire deux fois par jour, pendant une semaine (du 19 au 25 juin), dans l'émission « Charleroi Matin » un communiqué résumant sa condamnation ainsi que le diffuser sur le site internet de Vivacité Charleroi.

Une condamnation peu banale

De là à ce que la RTBF soit de nouveau condamnée pour le dérapage de Rochus, il y a un pas. En effet, une telle condamnation comme celle des propos d'Alain Simons n'est pas chose courante. Si la presse relève souvent les plaintes adressées au CSA, celles-ci peuvent parfois devenir insignifiantes quand on connaît la longueur du processus. Pour l'instant, l'affaire en est donc à la première phase. Le secrétariat d'instruction est en train d'analyser les différentes plaintes qu'il a reçue. Comme indiqué dans un communiqué, cette analyse se fonde notamment sur l’interdiction de diffuser des programmes portant atteinte à la dignité humaine ou au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes. Lorsque ces plaintes auront été analysées, le Secrétariat d'instruction décidera si oui ou non, il y a nécessité d'ouvrir un dossier. Mais cela ne veut pas dire que la RTBF sera condamnée. A la fin de l'instruction, le Secrétariat peut décider de classer la plainte sans suite, ou de proposer une notification de grief au Collège d’autorisation et de contrôle. Concrètement, cela veut dire que pour le secrétariat d'instruction, il y a bien eu une infraction à la législation audiovisuelle. Dans ce cas, c'est le Collège d'autorisation et de contrôle qui prend le relais. C'est cette instance qui est habilité à constater, voire sanctionner les infractions. Si on en arrive là, la RTBF sera auditionnée publiquement et le Collège d'autorisation et de contrôle rendra sa décision dans les 60 jours.

C'est donc un processus long et fastidieux qui commence.

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