Alien, le monstre dont nous sommes tous mordus

Retour à l'origine du Mal. Ridley Scott signe Alien: Covenant et c'est terrorisant de beauté. ©Prod
Retour à l'origine du Mal. Ridley Scott signe Alien: Covenant et c'est terrorisant de beauté. ©Prod
Teaser

Le clash de la semaine: l’ouverture du festival de Cannes contre la sortie d’Alien: Covenant. Deux machines à fantasmes, deux mythologies dont l’une est quand même un peu plus effrayante. Focus sur une contamination de légende.

Entre spectacle technologique et réflexion philosophique, la saga Alien a poussé l’horreur au-delà des limites connues, séduisant à la fois les fans les plus exigeants de science-fiction et le grand public pas plus initié que ça au charme des monstres extraterrestres. Entré au panthéon de la pop culture avec la mention “chef-d’œuvre absolu”, Alien vient bousculer l’actualité du festival de Cannes, comme pour prouver à ceux qui en doutaient encore que la chose est un pur objet de cinéma. Peut-être même l’un des plus purs, si l’on considère que la saga renoue avec le plaisir originel de l’attraction de foire mise sur pied pour amuser et effrayer le public. Un plaisir qui remonte à 1896, année où est montré L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat des frères Lumière, cinquante secondes d’images qui terrorisent les spectateurs dans la salle. 

La peur du noir réactivée

L’addition de ces peurs - celle d’hier (voir foncer sur nous une brave locomotive à vapeur) et celle d’aujourd’hui (regarder surgir une créature visqueuse à la denture innommable) - donne une idée assez précise de la mission du cinéma lorsqu’il s’agit d’interroger nos contradictions. Si Star Wars fait office de référence dans la représentation du récit œdipien, Alien réactive la peur du noir (“dans l’espace personne ne vous entend crier”) et la mythologie du monstre qui “va nous manger si on n’est pas sage” - au choix, Le Petit Chaperon rouge, Le Petit Poucet, Barbe bleue. Le génie d’Alien est d’avoir réussi la confrontation de la peur ancestrale de l’ogre aux questionnements hyper-contemporains sur la nature humaine, illustrant le face-à-face entre l’être et le néant. Ce clash métaphysique est aussi - et surtout - une victoire de l’esthétique. Alien ne serait qu’un trou noir sans intérêt si la série n’avait été marquée par l’empreinte de cinéastes qui, malgré les contraintes économiques du système hollywoodien, ont tous prouvé qu’ils étaient des artistes. 

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