Politique: ils n'en ont plus rien à foutre

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L’exaspération des citoyens vis-à-vis de leurs élus atteint des sommets. Le principal clivage semble désormais opposer le “système” et ceux qui voudraient y mettre fin. Sans parler de cette nouvelle forme d’abstention qui émerge: les “plus rien à foutre”. Et s’il était temps de faire de la politique autrement?

Écœurement. S’il était un mot pour qualifier ce qui transpire des réactions des forums vis-à-vis de la chose politique, ce serait celui-là. Dans toutes les langues, c’est une longue variation sur la thématique du “tous pourris”. Pas un article consacré de près ou de loin aux élections ou aux actions menées par ceux et celles qui sont en charge de la cité qui ne déborde de commentaires où l’invective le dispute à l’injure ou aux lassitudes irritées. Où le racisme fait concurrence au repli sur soi. Un charroi de propos désabusés tellement   violents que des organes de presse ont décidé de mettre en place une modération sur leur site, voire interdit la publication de réactions. 

Mais cette irritation n’est pas qu’une affaire de trolls ou d’internautes voulant recréer un “Fight Club” virtuel. Le “Brexit” britannique est un avatar de ce mécontentement citoyen, comme l’élection de Donald Trump. Le populisme voit, partout, ses voiles gonfler d’un vent mauvais. Chez nous, l’enquête “Noir, jaune, blues” commanditée par la fondation “Ceci n’est pas une crise”, un think tank associant des citoyens et des politiciens de différents horizons, a objectivé ce grand malaise. Le sondage, qui trouvera bientôt un     prolongement en télé (mercredi 26 sur La Une), établissait que seuls 21 % de nos citoyens considéraient que le système politique belge n’était pas un échec, que 68 % trouvaient que la démocratie fonctionnait mal ce qui laissait à penser qu’une majorité d’entre nous seraient tentés par un “pouvoir fort”. 

Cerise sur l’indigeste gâteau: si l’enquête a fait grand bruit lors de sa parution en janvier dernier, on ne saurait faire l’impasse sur un fait. Elle a été réalisée en deux séquences: fin 2015 et en août 2016. Avant les affaires “Publifin”… On peut donc imaginer l’effet de ces dernières sur le chagrin politique des Belges. Il faut, certes, se méfier des sondages, mais le dernier baromètre “Confiance et bien-être” réalisé par l’Institut Solidaris en septembre 2016 recoupe les résultats de “Noir, jaune, blues”: 68 % des gens interrogés affirmaient que l’offre politique ne répondait plus à leurs attentes. De quoi confirmer qu’en la matière, il y a du pain sur la planche. Et pas qu’un peu.

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