Noces s'apprête à réconcilier le cinéma d'auteur avec le grand public

Teaser

Stephan Streker frappe fort avec Noces, tragédie familiale sur un mariage forcé. Conversation avec ce cinéaste-journaliste et son producteur. 

Dans une ancienne vie, Stephan Streker était critique de cinéma. “Un dreamjob” qui a tout appris à ce cinéaste-journaliste, Bruxellois enthousiaste qui fit ses classes en interviewant ses réalisateurs fétiches, de Sergio Leone à Michael Mann ou Francis Coppola, s’illustrant notamment dansles colonnes de Moustique

Le public de télévision connaît son expressivité affirmée et son regard bleu lagon grâce à son “autre dreamjob”, celui de chroniqueur foot à la RTBF. Resté grand cinéphile malgré sa double casquette, ce jeune homme de 52 ans toujours habillé de noir (à part les chaussures flashy) voit un film par jour et révise souvent ses classiques: il vient d’enchaîner Rumble Fish, War Dogs et le dernier Tom Ford, Nocturnal Animals, qui l’a “submergé de beauté”. Dans un grand hôtel bruxellois, on tombe sur Stephan Streker et son producteur Michaël Goldberg s’émerveillant devant l’affiche de Noces. “On découvre ce format, c’est magnifique.” Juste après la rencontre, les deux partiront pour l’avant-première parisienne d’un film qui couronne plus de vingt ans de collaboration. Rencontrés après un court-métrage (Shadow Boxing - la boxe étant l’autre passion sportive du réalisateur), Streker et Goldberg ont depuis tourné ensemble trois longs métrages: l’étonnant Michael Blanco (avec Goldberg dans le rôle d’un acteur qui veut réussir à Los Angeles), le plus sombre La nuit nous appartient (teinté de surréalisme) et enfin Noces retraçant le destin bouleversant d’une jeune femme qui résiste à un mariage forcé dans une famille pakistanaise. Streker réalise et Goldberg produit (avec sa société Daylight Films) dans une fusion assez rare. “François Truffaut disait qu’il faut trois films pour faire un cinéaste, je crois que Stephan en est là”, affirme Michaël Goldberg. Et Streker de rebondir: “Si j’en suis là, c’est grâce à Michaël. C’est mon partenaire artistique numéro un, il est tout ce qu’un producteur doit être.”

Le film déclenche un enthousiasme inouï auprès du public. Comment vivez-vous cela ? 

STEPHAN STREKER - Nous revenons de vingt-trois festivals dans le monde, aussi différents que Toronto, Marrakech ou Rotterdam. Les gens sont touchés partout, du Maroc - pays musulman - au Canada. J’ai l’impression d’avoir une sorte de souffle dans le dos. J’avoue ne jamais avoir vécu ça.
MICHAËL GOLDBERG - La famille de Noces est devenue une vraie famille, c’est ce qui me touche le plus, cette solidarité entre nous.

La réussite du film tient justement à  l’alchimie de cette famille de cinéma. Comment avez-vous composé le casting ?

S.S. - C’est le miracle du film et je le dois à Michaël. Cette alchimie dont vous parlez a vraiment présidé à la réussite du film.

M.G. - Nous devions recréer une famille “orientale” avant tout. Sébastien Houbani qui joue le frère était notre socle. La famille s’est composée autour de lui, acteur français de père tunisien. Pour les parents, j’ai fait appel à l’acteur iranien Babak Karimi, habitué des films d’Asghar Farhadi (Babak tient le rôle du juge dans Une séparation qui a eu l’Ours d’or - NDLR), et Neena Kulkarni qui est une grande actrice de Bollywood. Pour Zahira, Stephan s’est décidé une semaine avant le tournage. 

S.S. - Je voulais une jeune femme avec un port de tête à la Liz Taylor. Croyez-moi, ce n’est pas évident à trouver car beaucoup d’actrices ont la tête qui penche ! Et puis Lina est arrivée de Paris. La manière dont elle s’est abandonnée dans le film est incroyable. C’est une tragédienne-née, une Antigone moderne.

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