American Honey, une balade sauvage

American Honey ©Prod
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Avec American Honey, Andrea Arnold nous plonge dans la culture white trash. 

Star, 20 ans, élève seule ses petits frère et sœur dans l’Oklahoma. Un jour, elle quitte tout pour suivre une bande de jeunes qui traversent le Midwest et vendent des magazines au porte à porte. Premier film américain de la cinéaste britannique Andrea Arnold (révélée notamment avec Fish Tank en héritière féminine du cinéma social d’un Ken Loach), American Honey pose un regard fasciné et ému sur la jeunesse clivée de l’Amérique contemporaine. Sans en avoir l’air, Arnold (prix du jury au dernier festival de Cannes) ose une balade sauvage qui rappelle la poésie d’un Terrence Malick, doublée d’une vraie capacité à capter l’air du temps, à flairer l’Amérique de Trump en prise avec des fondamentalistes, des Texans bouffeurs de steaks ou des jeunes paumés. Portés par la jeune Sasha Lane (dans son premier rôle), son casting mélange acteurs et non-acteurs, tous plus ou moins dupes du rêve américain - dont Riley Keough, petite-fille d’Elvis Presley étonnante en chef de bande en maillot de bain à l’effigie de l’Amérique et l’ultra-charismatique Shia LaBeouf en leader travaillé par ses démons. Mais surtout, Andrea Arnold sait filmer les ciels et les regards perdus dans les motels de fortune, capter l’éveil amoureux qui se termine dans les champs de pétrole. Cet amour adolescent qui donne tout tout de suite sur des chansons de Rihanna et qui dure parfois le temps d’un été. On voudra que la balade ne s’arrête pas.

American Honey. Réalisé par Andrea Arnold. Avec Sasha Lane, Shia LaBeouf, Riley Keough - 163.

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