Dishonored 2, un petit joyau

Dishonored 2 ©Prod
Dishonored 2 ©Prod
Teaser

Esthétique, violence et grâce. Avec Dishonored 2 du studio Arkane, le jeu vidéo a sa chapelle Sixtine.

Mais que faire après une vie d’assassin? Quinze ans après avoir sauvé Dunwall d’une caste de notables aux envies anarchiques, Corvo Attano s’est rangé des voitures en devenant chef de la garde impériale. Quinze ans et autant de temps passé sur le trône pour Emily Kaldwin, sa fille, adulte à présent. Mais c’est également du sang familial que vient la révolte, d’une tante aux pouvoirs obscurs et à la vision tronquée de l’ordre. L’Empire vacille à nouveau. Fuir ainsi la cité industrielle et traquer loin la vérité et la menace, jusqu’aux rivages méditerranéens de l’île de Serkonos, poussiéreuse, écrasée par le soleil et troisième héroïne de l’aventure. 

Avec un Harvey Smith en coulisse (Deus Ex, Thief 3…), Dishonored 2 est avant tout une question de choix, interroge plus qu’il ne met au défi. Serez-vous alors violent ou discret? Finirez-vous l’aventure avec ou sans pouvoir ? Quel objet exploiter, quelle ruelle arpenter ? Des choix cornéliens, le plus ardu sera pourtant le premier, cruel et définitif: qui de Corvo ou Emily incarner? Comme par le passé, le premier pourra toujours ralentir le temps, projeter son esprit dans un animal et, surtout, se téléporter à courte distance. La seconde bénéficie quant à elle de pouvoirs qu’elle, à notre image, peine à maîtriser. Des pouvoirs si puissants et illimités que l’on se met soudain à envisager les mille et une prouesses artistiques et  gracieuses pour se sortir d’un mauvais pas. Au delà de l’exploit, la beauté de ce titre est tellement riche qu’on imagine alors tous les possibles, dépassant ce que les développeurs d’Arkane Studios eussent pu imaginer eux-mêmes.

Art réel et art numérique 

Et pourtant le studio lyonnais en a fantasmé des choses, esquissé des contrées, forgé des caractères. S’il est avant tout un jeu d’action/infiltration à la première personne, ce second volet s’observe aussi comme une œuvre d’art. En effet, l’art concret y est placé au cœur du processus créatif, comme en témoignent des bustes de personnages réalisés par l’artiste Lucie Minne, les dessins de Laurent Gapaillard ou encore La cérémonie du peintre Sergey Kolesov. “Cette toile de Sergey a été le fil rouge artistique de toute la création. Lorsque nous nous sentions perdus, y jeter un seul regard suffisait à nous remettre sur le bon chemin”, confie Sébastien Mitton, directeur artistique du jeu.

C’est ainsi cette volonté d’allier art réel et art numérique qui concrétise et cristallise la vision artistique du jeu chez Arkane, et permet dès le départ d’assurer une cohérence visuelle tout au long de la production. Au final, ce ne seront pas moins de septante artistes qui auront nourri Dishonored 2 de leur imagination et offert aux joueurs un univers (plus joli sur PC que sur console) à part entière. Ainsi, ce petit joyau s’impose esthétiquement autant qu’il nous libère manette en main et, vacillant entre hyper-violence et grâce stratégique, rend grisant le meilleur en permettant le pire. Il y avait Michel-Ange, il y a à présent Arkane.

Plus de Jeu vidéo

Notre Selection