Un poisson nommé Dory

Teaser

Treize ans et 937 millions de dollars plus tard,  Le monde de Nemo connaît enfin les honneurs  d’une suite, centrée sur l’inoubliable amnésique.

Dory, la chirurgienne bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marlin, bien décidés à lui faire retrouver la mémoire. Mais même si cela coulait de source d’un point de vue strictement business, Dory n’a pourtant pas été enfanté dans un contexte de long fleuve tranquille. Et a, au contraire, essuyé un maximum d’eaux contraires. “Preuve que même si vous faites un carton avec un premier film, le deuxième épisode n’est jamais gagné d’avance” , explique Andrew Stanton, l’un des deux réalisateurs du film, à qui on doit aussi le premier Nemo. De même que des perles genre Wall-E ou 1001 pattes.
En résumé, l’usine à p’tits mickeys s’est heurtée à plusieurs soucis. “Tout d’abord, nous avons patiné au démarrage quand il s’est agi de trouver une bonne histoire comme point de départ à cette suite. Nous voulions respecter l’univers et les personnages de base, tout en apportant une bonne dose d’inattendu. Sans que cela fasse trop artificiel. Et puis, alors que tout était pratiquement décidé, nous avons radicalement dû changer, une fois encore, d’orientation. Nous avions d’abord imaginé un parc aquatique pour héberger la plus grande partie des aventures de Dory. Mais quand j’ai vu le terrible documentaire Blackfish (2014) au sujet des conditions de captivité atroce des orques qui peuplaient ce genre d’endroit, j’ai changé d’avis. Et nous avons décidé que l’histoire intégrerait finalement un labo de biologie marine. Vous imaginez les changements de décors et de narration qui ont suivi. ”
Tout ça sans oublier des contraintes techniques qui ont failli faire couler le projet plusieurs fois. “John Lasseter, big boss de l’animation chez Disney, avait toujours répété qu’il n’était pas entièrement satisfait de la manière dont la surface de l’eau était rendue dans Nemo. Il a donc fallu attendre que la technologie soit au niveau pour permettre une animation parfaite à Dory.”
Disney aurait-il eu, par la même occasion, la tentation de sacrifier le fond sur l’autel de la forme? “Non!, réagit   vigoureusement Stanton. Nos films ne servent jamais de vitrine à notre développement technologique.” Et ce n’est effectivement pas le cas. Qui combine un graphisme d’une fluidité rare avec un récit soigné jusque dans ses moindres détails. Avec humour, aventure et émotions brutes. Bref, tout ceci est tellement mignon et bien fait que cela va encore plus dégoûter les enfants de manger du poisson. Et, au vu de cette brillante histoire, on ne pourra pas nécessairement leur donner tort!

LE MONDE DE DORY (2D et 3D), réalisé par Andrew Stanton & Angus MacLane - 95’.

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