Comment réagir en cas d’agression

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Élise Vergote, agressée dans le métro bruxellois, dénonce l’absence de réactions des autres passagers. Irène Zeilinger, directrice de l’ASBL Garance, évoque les stratégies à adopter pour susciter des interventions.

Après avoir refusé les avances d’un homme insistant dans la station de métro Madou à Bruxelles, Élise s’est fait frapper au visage avec le couvercle d’une poubelle. Dans une tribune sur Facebook, elle explique son indignation. « Il y avait au moins une dizaine de personnes dans le métro. Personne n'a dit ou fait quelque chose. Personne n'a pris de mes nouvelles quand je me suis mise à pleurer. Je les ai interpellés, même en anglais. En vain », raconte l’étudiante de 22 ans. Comment pousser les témoins à réagir ? Irène Zeilinger de l’ASBL Garance qui lutte contre les violences faites aux femmes dévoile ses trucs et astuces.

Pointer quelqu’un du doigt

Rendre un témoin responsable en l’interpellant précisément serait la meilleure chose à faire. « Sinon les gens ont tendance à attendre que les autres bougent en premier. Des formules comme « Vous, l’homme à l’anorak orange, venez m’aider! » permettent de casser ce blocage », explique Irène Zeilinger.

Dire exactement ce qu’il faut faire                                                                                                                           

Aider peut signifier énormément de choses différentes. Au point que les témoins peuvent se sentir démunis et ne pas savoir quoi faire. « Il faut donc être clair et demander, par exemple : « Quelqu’un peut-il venir se mettre à côté de moi » ou « Dites-lui d’arrêter ses gestes obscènes ». »

Se fondre dans la masse

Si on sent le danger arriver, Irène Zeilinger propose tout simplement de rentrer dans un endroit fort fréquenté comme un magasin ou un café. « Ce n’est pas toujours possible, donc ça dépend des endroits où se passe l’agression, mais généralement la foule dissuade. »

Simuler un coup de téléphone

Classique, cette technique est pourtant efficace. « Si une personne se sent suivie et en danger, elle peut simplement faire semblant de téléphoner à la police en commençant à décrire la personne « Bonjour un homme me suit! Vous me demandez de le décrire ? Euh… 1m75, cheveux bruns… ». L’agresseur devrait faire demi-tour. » On peut aussi vraiment appeler quelqu’un, prêt à réagir en cas de danger ou simuler un rendez-vous : « Allô chéri, tu es déjà dans la station de métro ? Ah oui je te vois j’arrive! »                                                                                                               

Disjoncter

« C’est ma stratégie favorite, avoue la directrice de Garante. Il s’agit de tenir un discours qui n’a aucun sens ou de faire des gestes inattendus comme montrer son coude distinctement. Ça déstabilise. »

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