Quand Michel Nihoul parle de Dutroux

Teaser

Vingt ans après l'enlèvement de Julie et Melissa, l'un des co-accusés (mais acquitté de l'affaire) revient sur la personnalité de Marc Dutroux.

Vous vous rappelez votre première rencontre avec Marc Dutroux?

Michel Nihoul. - Avec Dutroux? Et comment! Mon ex-femme avait conseillé un petit truand, un certain Michel Lelièvre. Moi-même, je l'avais aidé par la suite en le guidant dans des démarches administratives pour qu’il soit en ordre de mutuelle et de chômage. En septembre 95, sans doute, je croise Lelièvre à qui je demande ce qu’il fait, s’il est rentré dans le droit chemin. Il me dit qu’il travaille pour "un homme d’affaires" dans une entreprise de pneus. J’avais besoin justement d’en changer. On est donc allés à Charleroi dans cette entreprise de pneus, un hangar entouré de vieilles autos et de ferraille, et il m’a présenté "l’homme d’affaires": Marc Dutroux.

Quand on vous dit "Julie et Mélissa", vous pensez à quoi?

Michel Nihoul - Je pense à la fois où Dutroux est venu chez moi. S’y trouvait ma fille qui avait l’âge de Laetitia Delhez à l'époque: 14 ans. C’était donc une victime potentielle. Je pense donc aux parents des petites et je me demande parfois comment j’aurais réagi à leur place. J’admire leur sang-froid. Moi, je crois que je me serais rendu justice moi-même. Pas le tuer, mais le rendre suffisamment invalide pour que sa vie soit un enfer. On ne touche pas aux enfants. Et puis, il n’y a pas que Julie et Mélissa, il y a les autres. Je pense aux autres, aux choses que j’ai apprises durant le procès, ces détails ignobles, enterrer des filles vivantes… Le cauchemar absolu.

Un cauchemar qui pourrait un jour sortir de prison…

M.N. - Il ne faut jamais relâcher Dutroux, jamais! Parce que si on le relâche, il recommencera. Rien que pour prouver à la justice qu’il est le plus malin. Parce que c’est ce qu’il a en tête: se montrer supérieur à tout le monde. C’est pour cela qu’il recommencera.

Dans le Moustique du 24 juin, l'interview complète de Michel Nihoul.