
En Amérique, les chaînes qui montent allient audace et originalité. Peut-on espérer bientôt en profiter chez nous? Yes we can!
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Ne jamais gâcher l'occasion qu'offre une bonne crise". C'est désormais le mot d'ordre à la Maison Blanche. C'est aussi celui que devraient adopter, bon gré mal gré, les séries outre-Atlantique, actuellement en plein marasme. Du moins celles qui peuvent encore l'être: sur les 28 nouveaux dramas lancés entre septembre 2008 et le printemps 2009, 18 ne seront pas prolongés! Même une institution comme FBI: Portés disparus, jugée trop chère, a giclé après 7 saisons de bons et loyaux services. Quant aux survivants, les grandes chaînes nationales (networks), confrontées à la baisse de leurs revenus publicitaires, leur ont imposé un régime sévère: moins d’épisodes (Chuck, par exemple, n’en aura que 13), moins de personnages (certains acteurs trop gourmands ont été priés de faire leurs valises).
Malheureusement, ces mesures drastiques viseront également les scénaristes, dont certaines équipes seront divisées par deux à la rentrée prochaine. On frémit car, ces derniers mois, plusieurs grosses machines avaient déjà montré de sérieux signes d'essoufflement. Prison Break en est le meilleur exemple: deux saisons de trop (sur quatre!), des acteurs neurasthéniques qui prennent dix kilos à chaque épisode et un scénario qui abuse du "jeu de con". Cette erreur de débutant consiste à sortir une intrigue de l'impasse en prenant ses personnages pour des idiots (oups! J'ai connement oublié mon plan top secret dans le repère des méchants. Maintenant, il va me falloir trois épisodes pour le récupérer). Quant au Dr House, avant un final certes magistral, le plus beau salaud de la télé a tout de même traîné la patte durant la majeure partie de la saison 5. Verdict: quatre millions de téléspectateurs en moins, tout comme Heroes, qu'aucun scénariste au monde n'arrivera plus à rendre crédible, ou à défaut excitant.
Que les fans se rassurent, ces deux dernières séries ont été reconduites (un an pour Heroes, trois pour House). A l'instar de Desperate Housewives, qu'on laissera radoter gentiment jusqu’en 2013. En revanche, on peut se montrer inquiet pour l'avenir du genre lui-même, vu que les deux nouveautés notables de l'exercice 2008-2009 n'ont pas inversé la tendance. Les créateurs de The Mentalist (déjà sur Be TV, sur la RTBF en 2010) ne se sont pas creusé les méninges. La nouvelle série la plus populaire depuis Desperate Housewives emprunte largement au Dr House et à Medium. Fringe (sur La Deux depuis le 28 mai) caricature les travaux précédents de son créateur J.J. Abrams: Alias, mais en moins pop, ou Lost, en plus confus (oui, c'est possible).
Entre la grève des scénaristes qui a fortement perturbé l'industrie en 2008 et les difficultés de financement actuelles, les networks n'osent plus prendre le moindre risque. Heureusement, les chaînes câblées (HBO, Showtime, AMC…) continuent à tirer leur épingle du jeu avec des fictions originales, sexy, parfois dérangeantes, souvent brillantes. Il y a dix ans environ, ce sont ces mêmes chaînes câblées qui ont réinventé la télévision, avec des chefs-d'œuvre absolus comme les Sopranos, The Shield et autres The Wire. C'était l'époque où un créateur pouvait se présenter dans le bureau d'un de leurs responsables pour y défendre le plus improbable des projets: les péripéties familiales et amoureuses d'un croque-mort homosexuel. On ne le foutait pas dehors. Non, l'audacieux se voyait confier une série appelée Six Feet Under, désormais culte.
Nostalgiques, les connaisseurs se réfèrent à cette époque comme à l'âge d'or. Qu'ils ne désespèrent pas. En moins de deux ans, l'audience des chaînes du câble a dépassé celles des grands networks. Contrairement aux chaînes traditionnelles, leurs fictions seront, elles, presque toutes reconduites. Parmi elles, ces petits bijoux d’originalité comme Sons of Anarchy ou
Tags: beauté, maquillage, relooking, série, Flair Beauty Tour
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