La RTBF en danger

La RTBF en danger
television20/10/2009 09h26

On la rêve ambitieuse, imaginative, dynamique. Tout un programme que la RTBF est incapable d'exaucer aujourd'hui. A moins que...

La RTBF file un bien mauvais coton. Depuis septembre, coup sur coup, elle dérouille. Côté audiences, sa rentrée n'a rien d'extraordinaire et le téléspectateur cherche encore dans ses programmes de quoi, enfin, grimper chaque soir aux rideaux, la zappette entre les dents. Disons-le sans chichis, la RTBF ne parvient plus à nous passionner. Elle nous inquiète même.

Manque de bol: le vent d'automne a aussi fait dégringoler deux fameuses tuiles sur la tête de la chaîne publique. Début octobre, la première est tombée de l'étage C du siège de Reyers où a été installée la nouvelle "newsroom" de la RTBF. C'est là que se fabrique l'info 360° (télé-radio-Internet) de la chaîne par une seule mégarédaction, tous métiers confondus, de 400 personnes. 380 d'entre elles viennent de signer une pétition pour dénoncer leurs conditions de travail, leurs relations difficiles avec leur nouvelle hiérarchie et l'échec de NumProd, un nouveau système de numérisation de la production de l'info. Les témoignages récoltés indiquent que le malaise dépasse largement les murs d'une rédaction empêtrée dans les nouvelles technologies numériques. L'autre tuile, c'est le nouveau plan d'économies qui s'est abattu sur l'entreprise culturelle autonome. La Communauté française, effort de crise oblige, lui a imposé un plan d'économies fixé à 24 millions à répartir sur trois ans. Dont 10 millions déjà en 2010.

 Face à ces trois réalités, la RTBF a deux choix. Soit saisir l'occasion de se repenser, de se réformer en profondeur, de revoir sa politique de programmes. Soit faire le gros dos et prendre son mal en patience. La RTBF a choisi une fois de plus la deuxième voie… Dommage, vraiment dommage. Parce que le service public nous a déjà prouvé qu'il était capable du meilleur. On adore notre bonne vieille chaîne quand elle secoue le cocotier avec Bye-bye Belgium (l'émission qui avait mis fictivement la Belgique à mort le 13 décembre 2006) ou qu'elle met au jour des scandales politiques, comme celui de l'ICDI (l'intercommunale de gestion des déchets à Charleroi), révélé en son temps par Questions à la une. Merci aussi de nous proposer en primeur (avant France 2) la série documentaire Apocalypse sur la Seconde Guerre mondiale ou les Rendez-vous en terre inconnue expédiant des people au bout du monde. Somme toute, des achats judicieux.

 Par contre, qu'elle arrête de nous abreuver de fictions et séries françaises poussives. De nous gaver avec ses émissions de variétés toujours animées par les mêmes. Ou de bombarder "fer de lance de sa rentrée" Sans chichis, ce dispensable talk-show quotidien féminin (à 15.000 euros l'émission) en début d'après-midi sur La Deux suivi par seulement 30.000 téléspectateurs. Sans oublier quelques autres programmes dont l'identification de "l'ADN service public" s'avère mission impossible.

 Hélas, l'orientation du plan d'économies imposé par la Communauté française n'est qu'un catalogues de mesures superficielles, sans vision d'avenir excitante. Il prévoit de rééchelonner les investissements de la RTBF dans ses nouveaux bâtiments de Liège, Charleroi et Reyers; de se séparer de 110 salariés de soixante ans (sur 2.170) d'ici 2013; de réduire certains frais généraux et de supprimer RTBF Sat pour en faire, en 2012, une troisième chaîne complémentaire destinée à des publics spécifiques (jeunes, malentendants, amateurs de films en V.O. ou d'événements culturels,...). Il se murmure aussi, de manière officieuse, que la production de programmes pourrait se réduire de 4 %.

 Plus étonnant, la RTBF a reçu en contrepartie la permission de courir après de nouveaux revenus publicitaires liés aux médicaments de comptoir et à la possibilité de couper les films à deux reprises par des écrans publicitaires… Paradoxalement, la RTBF peut dire merci à la crise. Le débat essentiel sur la suppression de la pub sur ses antennes est largement repoussé. Est-ce bien service public, tout cela?

 Aucun signe non plus d'une politique de réduction drastique des

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