
Créé de toutes pièces par le comique anglais Sacha Baron Cohen, le personnage de Borat est sans conteste l'un des héros les plus tordus imaginés par le septième art ces dernières années.
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Créé de toutes pièces par le comique anglais Sacha Baron Cohen, le personnage de Borat est sans conteste l’un des héros les plus tordus imaginés par le septième art ces dernières années. Son métier: journaliste pour la télévision publique du Kazakhstan. Sa mission: se rendre aux Etats-Unis pour étudier le mode de vie de cette vénérable nation. Heureusement, il a appris l’anglais à l’usine, dans quelques modes d’emploi.
Ses qualités? Euh… Passons plutôt à ses défauts. L’homme est antisémite, homophobe et misogyne. Il a été marié plusieurs fois, notamment avec ses demi-sœurs. Il avait un cochon apprivoisé, mais l’a mangé avec toute sa famille, y compris les yeux. C’est un fervent admirateur de George W. Bush et un redoutable "chasseur de Gitans". Il ne les aime vraiment pas, les Gitans. Pourquoi? Ils ont un jour tiré sur son cheval et l’ont rendu déprimé, avant d’envoyer un ours violer sa femme. Mais Borat est avant tout journaliste. Un reporter sans peur et plein de reproches, que l’Amérique découvre avec des yeux effarés.
A la fois absurde, provocante et grinçante, cette comédie peu banale possède, a priori, tous les ingrédients de la farce gratuite. Mais ce n’est pas le cas. L’intention est plus noble: servir une bonne soupe de préjugés et les cuisiner à outrance, jusqu’à ébullition. Candide à sa façon, Borat veut comprendre comment fonctionnent les Américains. Sa soif d’apprendre est simplement altérée par des traits de caractère aussi extrêmes qu’imprévisibles. Mais il provoque des réactions, dressant malgré lui un tableau des petits et grands clichés de ce monde. Le Kazakhstan comme les Etats-Unis en prennent particulièrement pour leur grade. Le film a, par ailleurs, été interdit en Russie, où l’on n’avait pas envie d’être affublé d’une image aussi peu flatteuse.
Mais derrière la dénonciation de l’obscurantisme ambiant et du racisme primaire, c’est surtout le rire qui est privilégié. Sacha Baron Cohen - également connu sous le nom d’Ali G et de Brüno - frappe à la fois un coup dans notre conscience et dans nos zygomatiques. Nous sommes dans la caricature trash et irrévérencieuse. Beaucoup de gens n’ont pas compris cette démarche: une pluie de procès est tombée sur le créateur de Borat. En cause: le gaillard a tenté de faire croire qu’il réalisait un vrai documentaire étranger, semant le trouble dans la tête des intervenants. "Utilisation abusive de l‘image" et "humiliation en public", ont plaidé les avocats. De nos jours, même l’humour a son tribunal.
Nicolas Balmet
Borat - RTL-TVI 20h25
Tags: aphrodisiaque, Borat, Sacha Baron Cohen, erotik party, huile de massage, sex shooter
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