Harry Roselmack derrière les murs de la cité

Harry Roselmack derrière les murs de la cité
television24/11/2009 10h23

Villiers-le-Bel, novembre 2007. Deux adolescents poursuivis par des policiers trouvent la mort. Dans la foulée, éclatent de violentes émeutes. Deux ans après, Harry Roselmack est retourné dans ce quartier sensible pour son nouveau magazine coproduit par TF1 et la BBC.

Villiers-le-Bel, novembre 2007. Deux adolescents poursuivis par des policiers trouvent la mort. Dans la foulée, éclatent de violentes émeutes. Deux ans après, Harry Roselmack est retourné dans ce quartier sensible pour son nouveau magazine coproduit par TF1 et la BBC.

Le principe? Percer les mystères d'un univers méconnu ou réputé impénétrable. Le journaliste préféré des Français évoque cette nouvelle expérience aux antipodes du journal de 20 heures ou de Sept à huit.

Les médias donnent-ils une vision caricaturale de la banlieue?
Harry Roselmack. - Je ne pense pas. Ils donnent souvent une vision partielle qui correspond à des moments d'effervescence ou d'agitation dans les quartiers. Les journalistes ont une vision plus éclairée de la complexité de la banlieue que lors d'événements qu'ils relatent au JT.

Qu'est-ce que vous avez retenu de cette expérience?
J'ai trouvé un endroit où l'on vit normalement. La solidarité et la générosité entre les habitants de ces quartiers m'a paru plus forte que dans les grandes villes. Par contre, il y a un véritable sentiment de persécution vis-à-vis de l'extérieur. Beaucoup s'estiment victimes de discrimination pour trouver un emploi. Ces quartiers imposent des codes contraignants et les gens qui ne s'y conforment pas vivent une sorte de mal-être. Un agent immobilier nous a expliqué que tous les "Blancs" partaient progressivement. Seuls les immigrés achètent encore à Villiers le-Bel. Du coup, la mixité raciale est en danger.

Comment gagner la confiance de ces quartiers hostiles aux caméras?
C'était très compliqué. Cela a nécessité un mois de préparation en amont avec un journaliste qui a noué des contacts et "casté" des personnages qui avaient des profils différents et intéressants. Quand on est arrivé sur place, on a bien dit à tout le monde qu'on n'avait aucun a priori. On voulait simplement donner l'image la plus réaliste et la plus complète. Tous les jours, on a ressenti la méfiance. Mais progressivement, la confiance s'est installée. Il faut dire qu'on a dormi sur place du samedi après-midi au mercredi durant quatre semaines...

Cette émission aurait-elle été plus difficile pour un journaliste blanc?
Je n'en suis pas persuadé. Certains de mes interlocuteurs se sont peut-être sentis plus à l'aise du fait de ma couleur de peau. Mais plus que celle-ci, c'est ma notoriété qui a été déterminante pour m'ouvrir certaines portes.

Les jeunes immigrés vous ont-ils vu comme un symbole?
Non. Certains apprécient ce que je fais mais on n'a pas renversé les rôles. J'avais une caméra dans le dos. Ce n'est pas eux qui me posaient des questions sur mon parcours. Ma popularité n'a pas empêché la vérité des échanges. Au bout de quelques minutes, ma présence n'était plus un événement.

Comment éviter la mise en scène?
Ce n'est pas parce que ma personnalité est mise en avant que c'est le "Harry Roselmack show". Moi je ne suis que le lien entre tous les témoins. Dans cette configuration, il n'y a pas de place pour la mise en scène.

Etes-vous davantage vous-même dans cette émission qu'au JT?
Oui, certainement! Dans la mesure où c'est une discussion, mon attitude est forcément plus naturelle. Ce sont des rencontres, pas des interviews traditionnelles. Ma personnalité transparaît davantage que sur le plateau du 20 heures ou de Sept à huit que je continue avec plaisir.Ce qui m'a plu, c'est vraiment d'aller sur le terrain au contact des gens. J'ai refusé beaucoup d'émissions en plateau, mais j'ai foncé pour celle-là. Car elle est totalement différente de tout ce que j'ai pu faire auparavant.

Dommage que l'émission passe si tard...
Je ne vous cache pas que ça ne m'aurait pas déplu d'être en prime. Ce qui m'intéresse, c'est l'avis des gens avant le nombre de téléspectateurs. Pour une fois, l'audience n'est pas le premier critère. C'est presque une émission de service publi

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