
Les skins parties ont la cote en France. Dans ces soirées, inspirées par la série britannique Skins, les ados laissent leur pudeur au vestiaire et débarquent dans des déguisements toujours plus sexy et extravagants.
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Les skins parties ont la cote en France. Dans ces soirées, inspirées par la série britannique Skins (photo), les ados laissent leur pudeur au vestiaire et débarquent dans des déguisements toujours plus sexy et extravagants. "Je suis une caricature du jeune décadent dans l'excès total. Dans ces soirées, je ne me sens pas moi-même. Je n'aurais jamais osé porter ces vêtements pour sortir ailleurs", confie un habitué. Pin up, vampires, prostituées, animaux, tous les accoutrements sont permis dans une skin party. L'alcool coule à flots et la défonce est no limit. Et même si la plupart des filles prennent des poses provoc et roulent des pelles à tout le monde, ces soirées dégénèrent rarement en orgies. Lors de la "skin party " clandestine organisée à Aix-en-Provence, la backroom (salle fermée) est avant tout le théâtre d'une bataille de polochons. Un trip régressif qui prouve que les ados restent aussi attachés à leur petite enfance. "La génération actuelle est plus sexuée et plus exhibitionniste que les précédentes, mais l'âge moyen du premier rapport sexuel n'a pas bougé", explique le pédopsychiatre Philippe Jeammet.
Ce qui a changé, ce sont les moyens de communication qui montrent au grand jour des comportements qui ont toujours existé. Quand Marie et Julie découvrent via Facebook les images de leur dernière skin party, elles ont honte de leurs poses très suggestives. Elles semblent littéralement perdues entre leur identité réelle et les avatars (soubrette, catwoman) qu'elles s'étaient créés pour l'occasion. La sociologue Monique Dagnaud estime d'ailleurs que ces soirées "no limit" constituent simplement des parenthèses hors du temps pour des jeunes angoissés par la pression scolaire, et l'avenir incertain.
En côtoyant la planète ado durant un mois, Envoyé spécial a réussi à prendre le pouls accéléré d'une jeunesse qui a grandi avec les téléphones mobiles, la téléréalité et les blogs. Les adolescentes qui font par exemple des strip-teases via webcam sont d'une étonnante pudeur lorsqu'il s'agit d'évoquer le grand amour. Au final, le reportage dresse un portrait assez juste d'une partie de la jeunesse tiraillée entre le monde réel et virtuel, entre le premier et le second degré. C'est sûr, au bout de ces trente minutes d'enquête, les parents réussiront à mieux cerner leurs ados. De là à les comprendre... - Laurent Van Roey
Tags: Envoyé spécial, Les Ardentes, France 2, Liège, Festival, skins
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