Questions à la Une se penche sur les routes wallonnes

Questions à la Une se penche sur les routes wallonnes
television13/01/2010 11h23

Le réseau routier wallon est dans un état déplorable. Comment en est-on arrivé là? Questions à la une mène l'enquête.

Le réseau routier wallon est dans un état déplorable. Comment en est-on arrivé là? Questions à la une mène l'enquête.

A Questions à la une, on aime bien la mise en scène de l'info. Quand c'est bien fait, il est vrai que cela contribue à l'attractivité du reportage. Mais c'est une arme à double tranchant: lorsque le dispositif est un peu trop pataud, comme c'est le cas ce soir, les limites du genre sont vite atteintes. D'autant plus que le sujet, l'état des routes wallonnes, n'a pas vraiment besoin de cela tant les images parlent d'elles-mêmes. Il était donc une fois une région où les routes n'étaient pas avares en nids-de-poule, crevasses et autres centaines de ponts qui tiennent à peine debout.

C'est un fonctionnaire de l'ex-MET, désormais Service public de Wallonie, qui le dit: "40 % du réseau routier wallon est dans un mauvais état". A tel point qu'un accident sur trois serait dû à ces infrastructures défaillantes. Alors "MET = Assassins", comme le pensent certaines familles endeuillées par la route? L'équation est un peu simple, même si, dans certains dossiers, l'attitude des agents du service public n'est pas exempte de reproches.

Rengaine connue mais véridique: les responsables de l'entretien des routes doivent faire avec une enveloppe budgétaire étriquée. Et les 600 millions prévus par le ministre Lutgen semblent loin d'être suffisants pour tout réparer. Dans sa partie la plus intéressante, le reportage d'Olivier Badart cerne les problèmes découlant de ce manque de fonds: des cahiers de charges "low cost" pour les entreprises qui réparent les routes et des économies sur les matières premières ainsi que sur les techniques utilisées. Pour faire un peu de bénéfice, vaut mieux mettre une couche de goudron de 4 cm. Plutôt que de 5, c'est déjà ça de gagné. Surtout que les contrôles ne suivent pas, faute de personnel. Si, en plus, on ajoute au tableau la politisation dans la distribution des précieux deniers aux communes qui en ont besoin ou l'allergie des élus aux chantiers trop visibles et trop longs (pas bon pour l'image, ça), on aura vite compris que les maux qui minent les routes wallonnes n'ont finalement rien de bien inédit. Le mérite du reportage est donc plutôt de les récapituler et de mettre en lumière, grâce à quelques témoignages aussi édifiants que brefs, des pratiques qui ne sont pas que des rumeurs populistes. Evidemment, l'image de la Wallonie n'en sort pas grandie. Mais les automobilistes qui viennent se faire secouer sur nos routes n'avaient pas besoin de cela pour comprendre que, dans ce domaine comme dans d'autres, tout n'y tourne pas toujours rond. - Pascal De Gendt

13 janvier: 20h20 LA UNE Questions à la une: Les routes wallonnes, service public ou danger public?

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