
Erik Silance a rencontré des détenus du centre fermé pour mineurs, dernière étape avant la prison.
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Erik Silance a rencontré des détenus du centre fermé pour mineurs, dernière étape avant la prison.
Exclusif. Pour la première fois depuis l'ouverture d'Everberg en 2002, des caméras ont pu pénétrer à l'intérieur de ce centre fermé fédéral, la fameuse "prison pour mineurs" qui accueille les cas les plus graves de jeune délinquance. Erik Silance et son équipe ont vécu plus de deux semaines en immersion dans le bâtiment pour donner un aperçu de son fonctionnement mais aussi dresser des portraits d'une partie de ces jeunes détenus. Une expérience marquante pour le journaliste-producteur.
Ce n'est pas la première fois qu'une équipe demande à filmer à l'intérieur d'Everberg. Pourquoi la vôtre a été acceptée?
Erik Silance. - Sans doute, grâce au documentaire Gardiens de prison, tourné l'année dernière à la prison de Forest. Tout s'était bien passé. Nous avions respecté l'anonymat des détenus qui témoignent. Cela a dû intervenir en notre faveur.
Alors, à quoi ressemble Everberg?
C'est un centre fermé, donc un milieu carcéral, surveillé et sécurisé. Mais il y a une dimension éducative beaucoup plus présente qu'en prison. C'est avant tout un centre d'aide à la jeunesse. Les détenus ne sont dans leurs cellules que pour dormir.
Se sont-ils livrés facilement?
Oui, le contact est bien passé dès le premier jour. Puis on a noué connaissance plus profondément avec cinq d'entre eux qui se sont livrés de manière assez profonde. Bien sûr, comme ils se construisent tous un personnage, c'était assez difficile de savoir s'ils étaient sincères. Mais j'ai l'impression qu'ils étaient exactement avec toi comme ils étaient le reste du temps dans le centre.
Emotionnellement, c'était facile à gérer?
Pendant le tournage, oui. C'est après, quand on prend un peu de recul, que c'est plus difficile. En repartant de là après quinze jours, j'ai eu envie de pleurer.
Pourquoi?
Parce qu'on ne peut pas concevoir qu'à 16-17 ans, quelqu'un a déjà raté sa vie et n'a plus d'avenir. Or, certains sont déjà si loin dans leur parcours de délinquance que c'est difficile de leur imaginer un futur radieux.
Quel moment vous a le plus marqué?
Il y a la fête de Noël qu'on a passée sur place. Mais ce sont certains entretiens, que j'ai eus seul à seul avec eux, qui m'ont vraiment ébranlé. Même si on sait que ce ne sont pas des enfants de chœur et que derrière leurs actes de délinquance, il y a des victimes, ils peuvent être touchants.
Pascal De Gendt
Tags: Erik Silance, prison, couple, belle-mère, famille, Everberg, centre fermé
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