Journalistes et politiques sont-ils complices, La Une enquête

Journalistes et politiques sont-ils complices, La Une enquête
television27/01/2010 15h24

Politiques et journalistes entretiennent-ils des liaisons dangereuses? La réponse de Christrophe Deborsu.

Politiques et journalistes entretiennent-ils des liaisons dangereuses? La réponse de Christrophe Deborsu.

Fin et caustique limier, Christophe Deborsu (ici en photo entre le ministre-président flamand Kris Peeters et la ministre fédérale Sabine Laruelle) a décortiqué les relations entre deux castes très proches. Les hommes politiques et les journalistes spécialisés. L'homme de la Marseillaise entonnée par Leterme est revenu de son enquête plutôt rassuré sur la situation belge.

Alors, les politiques et les journalistes, complices?
Christophe Deborsu. - La question est lapidaire mais mérite une réponse subtile. Quand on voit les chiffres sur la liberté de la presse publiés par Reporters sans Frontières, la Belgique figure en 11e place. C'est le signe d'une bonne santé. Si complicité entre les deux mondes il y a, c'est plutôt à la marge.

Que recouvre l'adjectif "complices"?
La presse et la politique sont proches par leur sociologie et par leur fréquentation. Cela soulève des questions. Jusqu'où le journaliste garde-t-il son sens critique? Fait-il toujours son métier à fond? Est-il sensible aux pressions au nom de "l'intérêt supérieur"?

Avez-vous vraiment déniché des cas graves? Ou vous êtes-vous, à votre tour, autocensuré?
(Rire.) Je crois qu'on peut tout dire quand on a les preuves de ce qu'on dit. Ici, je n'ai ni déniché le scandale du siècle dans les relations presse-politique en Belgique, ni trouvé d'indices de pacte, de corruption, de chantage… Au plus, dans certains cas, certains "gèlent" parfois leur sens critique pour bénéficier ultérieurement de primeurs ou de tuyaux ou diffèrent la révélation d'une info pour ménager les politiques. C'est une zone certes grise mais pas vraiment révoltante.

Quels autres enseignements découlent de votre enquête?
La méfiance entre ces deux mondes. Elle peut être aussi constructive que destructrice. Comme le cas du secrétaire d'Etat Emir Kir en conflit avec un journaliste turc. Kir avoue qu'il a réussi à obtenir que ce journaliste ne parle plus de lui. Nous donnons largement la parole aux politiques. Vous entendrez les Di Rupo, Reynders, Milquet et Javaux y aller franco sur le sujet.

Vous restez pour le grand public le journaliste de la "Marseillaise" de Leterme. Ce fait de gloire vous octroie-t-il un brevet d'anticomplaisance?
La "Marseillaise" d'Yves Leterme est le fruit d'un hasard. Mon seul mérite est qu'un peu auparavant, j'avais fait un débat avec lui sur la VRT et cela s'était bien passé. Quand je lui ai demandé de chanter la Brabançonne, il s'est spontanément lancé (sur la Marseillaise) pour me faire plaisir, sans mesurer l'impact de sa réponse. En Belgique, on est plutôt libre avec l'avantage de vivre dans un régime de coalition. Pas comme en France avec son parti majoritaire qui a une plus grande capacité à peser sur les médias. Donc, vive la proportionnelle belge!
Fernand Letist

27 janvier: 20h20 LA UNE Questions à la une: Journalistes et politiques sont-ils complices?

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